Le ciment commence à prendre entre Lafarge et Holcim. Mariés l'été dernier, les deux groupes ont traversé une période de fortes turbulences, avec une chute de 40% du titre et des pertes (1,3 milliard d'euros en 2015) autant liées à la fusion qu'à un contexte de marché déprimé.

Ces pertes qui s'élevaient encore à 43 millions au premier trimestre ont laissé place à un bénéfice net de 460 millions au deuxième. « L’accent mis sur les prix et les synergies permet une amélioration visible de nos résultats, qui s’est traduite par une progression de 210 points de base de la marge opérationnelle par rapport à la même période de l’année précédente et par une hausse de 6 % de l’Ebitda opérationnel retraité sur base comparable ", indique Eric Olsen, le directeur général.

D'avril à juin les prix du ciment ont augmenté de 2,2 % en glissement trimestriel après une hausse de 1,2% sur les trois premiers mois de l'année, tandis que les synergies ont atteint 156 millions d'euros, détaille le groupe dans un communiqué. La marge d’Ebitda opérationnel retraité s’est établie à 23,4% contre 21,3 % au cours de la même période de l’année précédente. 

Priorité à la rentabilité et au désendettement 

Les ventes, elles, ont continué à reculer dans un environnement contrasté. "Certains pays ont généré une solide croissance des résultats au deuxième trimestre, dont les Philippines, le Mexique, les Etats-Unis, l’Algérie et le Liban" mais plusieurs gros marchés étaient toujours en berne, notamment la Chine et l'Europe. Au Nigeria les activités du groupe ont été fortement perturbées par des grèves et les interruptions dans l'approvisionnement en gaz de ses usines. Au final le chiffre d'affaires semestriel du groupe s'est contracté de 1,1% à 12,3 milliards d'euros.

LafargeHolcim s'attend cependant à une augmentation de la demande sur ses marchés de 1 à 3% pour l'ensemble de l'année. Il a par ailleurs confirmé ses objectifs de rentabilité, tablant sur une augmentation "au minimum à un chiffre" de son Ebitda opérationnel retraité grâce à des synergies supérieures à 400 millions d'euros. Quant à l'objectif de réduction de la dette à 12 milliards contre 16,5 milliards fin 2015, il devrait être également atteint. Le groupe a cédé pour plus de 3 milliards d'euros d'activités au premier semestre, notamment en Inde, au Maroc, en Chine et au Vietnam et annoncé 1,4 milliard de cessions supplémentaires d'ici fin 2017. "Ces transactions, toutes réalisées dans de bonnes conditions, contribuent à rationaliser et à simplifier nos opérations ainsi qu'à atteindre l’objectif de réduction de notre dette nette", a commenté M. Olsen. 

Ces annonces ont été bien accueillies par les investisseurs. Le titre a gagné jusqu'à 5,9% vendredi et prenait encore 4,3% en milieu d'après-midi.