L'année se termine mieux qu'elle n'avait commencé pour Bouygues. Le groupe a publié des résultats supérieurs aux attentes au troisième trimestre et s'attend à des retombées positives de l'élection de Donald Trump sur son chiffre d'affaires à l'international, en 2017 et au-delà.

Sur les neuf premiers mois de l'exercice en cours, les ventes du conglomérat ressortent à 23,1 milliard d'euros, en baisse de 3% (-1% à taux de change et périmètre constants). La branche Construction a subi des vents contraires à l'international mais elle parvient à améliorer légèrement son résultat opérationnel. Confronté à une baisse de ses recettes publicitaires, TF1 a dû engager un plan d'économies qui se traduit par une perte opérationnelle (-22 millions). En revanche Bouygues Telecom semble s'être refait une santé. Son chiffre d'affaires a progressé de 6% à 1,4 milliard d'euros pour un résultat opérationnel courant de 124 millions contre une perte de 9 millions d'euros un an plus tôt. L'opérateur, qui a renoncé en avril à se vendre à Orange, a gagné 227.000 clients mobiles au troisième trimestre et 770.000 sur neuf mois. Il compte atteindre son objectif 2017 d'une croissance nette de plus d'un million de clients mobiles avec un an d'avance sur son calendrier.

Grâce au redressement de la rentabilité de sa filiale télécom, le groupe confirme son objectif d'amélioration de la marge en 2016. Il prévoit cependant d'inscrire 270 millions d'euros de charges non courantes dans son résultat opérationnel 2016 liées à la mise en oeuvre du partage de réseau avec SFR ainsi qu'à ses plans d'adaptation dans la route et les médias.

21% du chiffre d'affaires international

Pour l'année prochaine Bouygues compte sur un contexte international nettement plus porteur. Le carnet de commandes, de 15 milliard d'euros à fin septembre (-3%), "n'intègre pas encore un certain nombre de contrats significatifs qui devraient être finalisés dans les prochains mois, notamment en Europe du Nord, en Asie, au Moyen-Orient et à Cuba", précise-t-il. Par ailleurs, il pourrait y avoir "des bonnes nouvelles aux Etats-Unis et au Canada", a reconnu le directeur général délégué Philippe Marien. Une allusion au programme de rénovation des infrastructures de 1000 milliards de dollars annoncé par Donald Trump, et à son pendant canadien chiffré à quelque 100 milliards de dollars canadiens sur les dix prochaines années. L'Amérique du Nord pèse actuellement pour 21% du chiffre d'affaires international des activités construction du groupe. Bouygues s'attend notamment à ce que Colas, sa filiale de construction de routes, commence à bénéficier de ces annonces dès 2017, avec un véritable impact en 2018 et 2019. 

Vers 16h30 l'action Bouygues prend 3% à 31,06 euros sur un marché parisien en baisse de 0,5%. Jefferies a confirmé sa recommandation d'achat sur le titre avec un objectif de 37 euros. "Notre opinion positive est basée sur la perspective du retour d'une forte croissance en 2017-2018 (…) avec deux moteurs, une croissance robuste du revenu des télécoms permettant des économies d'échelle qui font monter la marge, et une reprise de la demande dans les activités construction", explique le courtier.