L'étau se resserre autour de LafargeHolcim dans l'affaire du financement de groupes armés en Syrie. Hier lors du débat télévisé sur CNews et BFM TV, deux des candidats à l'élection présidentielle s'en sont pris au cimentier franco-suisse. "Je trouve étrange que personne n’ait évoqué le cas de Lafarge, compagnie mondiale de ciment, qui a avoué avoir payé Daech pour pouvoir continué à produire son foutu ciment", a d'abord déclaré Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise. "Cette compagnie doit être ou bien réquisitionnée, ou bien confisquée, mais une décision exemplaire doit être prise contre ceux qui complotent avec l’ennemi", a-t-il ajouté. Quelques instants plus tard François Fillon s'est dit d'accord pour sanctionner le groupe, "si c'est avéré".

Après avoir reculé de 0,8% ce mercredi dans les premiers échanges, le titre LafargeHolcim ne cède plus que 0,05% en fin de matinée.

LafargeHolcim a admis le mois dernier avoir conclu des arrangements « inacceptables » pour assurer la sécurité d'une usine en Syrie entre 2012 et 2014. Selon le journal Le Monde le groupe aurait versé des droits de passage au groupe Etat islamique afin de pouvoir poursuivre ses activités dans la ville de Jalabiya. Même si Lafarge affirme ne pas savoir qui étaient les destinataires finaux de ces versements, « avec du recul, les conditions exigées pour assurer la continuation du fonctionnement de l’usine étaient inacceptables », a-t-il reconnu.

Une enquête judiciaire a été ouverte par le Parquet de Paris à la suite d'une plainte déposée en septembre par le ministère français de l'économie et des finances. Ce dernier soupçonne LafargeHolcim d'avoir violé les sanctions européennes contre le régime de Bachar al-Assad ainsi que l'interdiction de toute relation avec des organisations terroristes en Syrie. Le groupe risque une amende et jusqu'à 5 ans de prison. Une autre plainte pour financement du terrorisme, complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité a été déposée par l'ONG Sherpa en novembre, sans suite connue pour le moment.