La nouvelle n'est pas passée inaperçue malgré l'euphorie qui s'est emparée du CAC 40 ce lundi. Eric Olsen, directeur général de LafargeHolcim, démissionnera de ses fonctions à la tête du numéro mondial du ciment le 15 juillet. "Ma décision est guidée par la conviction qu’elle contribuera à apaiser les fortes tensions qui sont récemment apparues autour de la question de la Syrie. Bien que je n’ai été en aucune manière impliqué, ni même informé d’actes répréhensibles, je pense que mon départ contribuera à ramener de la sérénité à une société qui a été exposée depuis des mois sur ce sujet », a-t-il expliqué dans un communiqué.

En mars, le groupe avait admis avoir conclu des arrangements pour maintenir l'activité d'une cimenterie située à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d'Alep. La filiale locale, qui appartenait alors à Lafarge avait remis des fonds à des tierces parties pour trouver des arrangements avec des groupes armés, dont des tiers visés par des sanctions, alors que la situation politique en Syrie avait créé des conditions difficiles pour assurer la sécurité de l'usine et de ses employés, avait reconnu le groupe. Selon Le Monde, qui avait révélé l'affaire en juin 2016, ces arrangements ont notamment profité à l'organisation État islamique (EI).

"Très décevant" 

L'enquête interne menée par le groupe a établi que M. Olsen n'avait pas eu connaissance de ces agissements mais que certains membres de la direction en avaient été informés. La recherche d’un successeur à Eric Olsen va être lancée immédiatement. Beat Hess, Président du Conseil d’administration, supervisera la période de transition jusqu’à la nomination d’un nouveau Directeur général. LafargeHolcim a par ailleurs confirmé l'instauration d'un programme de dépistage des "tiers à risques" et d'un nouveau programme de contrôle autour des sanctions et des exportations.

«Il est très décevant qu'Eric Olsen doive partir au moment où l'entreprise commence à gagner en puissance et à tenir ses promesses sur les synergies», a commenté Bernd Pomrehn, analyste chez Vontobel, dans une note. «Mais, cela montre à nouveau que les entreprises en particulier qui opèrent dans des régions difficiles comme la Syrie doivent suivre un code strict», a-t-il ajouté.

Vers 15h30 le titre recule de 1,5%, seule valeur en baisse sur un marché parisien en hausse de 4,2%.