L’année 2010 restera comme un cap difficile chez France Télécom, après la vague de suicides qui a poussé à la démission son PDG Didier Lombard et entraîné une refonte de l’organisation du groupe.

Sur le plan purement financier, cependant, les résultats présentés ce jeudi se révèlent conformes aux attentes. L’opérateur, présent sur tous les continents via sa marque Orange, a réalisé un chiffre d’affaires de 45 milliards d’euros (-0,6%) et un résultat brut d’exploitation de 15,6 milliards (-3,9%). Le bénéfice net a grimpé de 61% à 4,8 milliards grâce notamment à la cession des activités d’Orange au Royaume-Uni. Sans le produit de cette vente, il ressort en hausse de 28%.

Le principal motif de satisfaction de l’année écoulée réside dans la progression du nombre d’abonnés qui a atteint 210 millions (+6%) tous services confondus. «Nous sommes en bonne voie pour atteindre les 300 millions de clients en 2015», a souligné le directeur financier Gervais Pellissier, ce matin en conférence de presse.

Baisse du cash flow

En revanche, la rentabilité connaît une lente érosion puisque la marge opérationnelle ressort à 34,4% contre 35,3% en 2009. Le groupe reconnaît subir une forte pression concurrentielle, qui va encore s’accentuer avec l’arrivée d’un nouvel opérateur de téléphonie mobile sur le marché français, Free (Iliad), à partir de 2012. Ce dernier a d’ailleurs déjà chamboulé les offres internet-télévision-téléphone en lançant il y a quelques semaines sa Freebox Revolution offrant les appels en illimité vers les mobiles.

On comprend que France Telecom se montre prudent sur ses perspectives. Le groupe table sur une légère hausse de son chiffre d’affaires en 2011, hors impacts réglementaires. Mais il prévoit une légère baisse de son cash flow opérationnel, à 8 milliards d’euros contre 8,1 milliard en 2010, ainsi qu’une érosion «limitée» de sa marge opérationnelle (de moins d’un point). Pour 2012, le groupe a indiqué qu’il ne pourrait pas réitérer un cash flow opérationnel de 8 milliards, compte tenu des charges d’impôt dont il va devoir s’acquitter.

En revanche il a confirmé le maintien d’un dividende de 1,40 euro par action jusqu’en 2013. De quoi rassurer les investisseurs à la recherche de rendement, en dépit des incertitudes qui pèsent sur l’environnement réglementaire et concurrentiel du groupe.

Vers 17h10, l’action baisse de 1,73% à 15,9 euros, sur un marché quasi stable.