On voit un peu plus clair dans la stratégie de France Telecom à cultiver les faveurs du régulateur télécom… Une semaine après avoir signé un accord d’itinérance 2G et 3G avec Iliad, la possibilité pour l’Arcep d’envisager des mesures de rétorsion contre l’opérateur historique est mise en lumière. En effet, une directive européenne qui permet au régulateur d’envisager la scission des activités commerciales et la gestion des infrastructures doit bientôt être transposée en droit français. Cette option appelée "séparation fonctionnelle" relève de la stratégie de dissuasion afin de faciliter les négociations avec les opérateurs historiques qui, dans chaque pays, sont en situation de monopole notamment sur les dernières boucles locales des réseaux télécoms, et entravent le libre-jeu de la concurrence.

Cette solution reviendrait à égaliser les termes de la concurrence entre les différents acteurs qui luttent sur les tarifications des boucles locales avec France Telecom. Cette nouvelle donne met une pression nouvelle sur l’opérateur. Stéphane Richard, le nouveau PDG de France Telecom se veut rassurant. Il estime que cette directive européenne qui sera prochainement intégrée au droit français, n’est qu’un "instrument de dernier recours". Les gages donnés par l’opérateur historique sur le jeu de la concurrence éloigne le risque d’en venir à cette solution extrême. Ainsi, l’autorité de la concurrence a suggéré à l’Arcep de relâcher la pression sur les contraintes en zones densément peuplées, afin de favoriser les zones rurales où les concurrents ont beaucoup plus de mal à accéder.