Le groupe de télévision à péage Canal+ a fait un pas de plus vers l’acquisition des deux chaînes gratuites Direct 8 et Direct Star. Il a signé avec Bolloré, propriétaire actuel des deux chaînes, un accord définitif sur cette opération.

Cet accord prévoit un rachat par la filiale de Vivendi, en deux temps, des chaînes Direct 8 et Direct Star, ainsi que de leur régie publicitaire. L'accord donne aussi une option au groupe audiovisuel lui donnant la possibilité d'en faire l'acquisition à hauteur de 100%, en une seule fois, contre une rémunération en titres Vivendi à hauteur de 22,4 millions d'actions.

Dans le premier cas de figure, Canal+ prend une participation immédiate de 60% dans l'activité de télévision de Bolloré qui comprend les chaînes Direct 8 et Direct Star. Bolloré sera alors rémunéré par l’émission de 16,2 millions de titres Vivendi valorisés au total 279 millions d'euros. Puis à horizon de 3 ans, le groupe à la chaîne cryptée pourra exercer son option sur les 40% restants du capital en payant en cash 186 millions d'euros.

Attente du feu vert de l'Autorité de la concurrence et du CSA

Dans le second cas de figure, la filiale de Vivendi rachète, en une fois, 100% de l'activité de télévision de Bolloré, rémunéré par l'émission de 22,4 millions de titres Vivendi. Dans tous les cas, Bolloré s’est engagé à conserver les titres Vivendi pour une durée de 6 mois minimum après la finalisation de l'opération.

Cet accord reste soumis à l'approbation de l'Autorité de la concurrence et du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel). Cette dernière étape pourrait s’avérer délicate. Les sénateurs envisageraient de faire passer un amendement pour taxer 'à hauteur de 5% les reventes de fréquences obtenues gratuitement par des chaînes de télévision et de radio', selon Les Echos. Certains songent à une taxe sur les plus-values, d’autres sur le montant total des opérations de revente.

Ce vendredi vers 10h35, la valeur Vivendi était proche de l’équilibre (-0,03%), à 16,99 euros, alors que le titre Bolloré progressait de 0,31%, à 161,30 euros, dans un marché parisien en hausse de 1,30%, à 3 170 points.