Free veut en finir avec le subventionnement des téléphones portables, principal argument commercial de ses concurrents face à ses propres offres de téléphonie mobile.

« La pratique actuelle qui mélange le prix du service, celui du terminal et une prétendue subvention est une façon de faire du crédit à la consommation déguisé sans se soumettre aux contraintes légales », estime Xavier Niel, dans une interview au magazine Capital à paraître jeudi. « Nous avons déposé plainte contre SFR auprès du tribunal de commerce de Paris pour faire reconnaître la nullité de ce type de contrat. Nous les assignons pour concurrence déloyale », ajoute le patron de Free.

Interrogé par l'AFP, le groupe Iliad (maison-mère de Free) a confirmé ce dépôt de plainte mais s'est refusé à tout commentaire concernant les autres opérateurs Orange et Bouygues Telecom.

Contre-offensive des opérateurs historiques

SFR, comme Orange et Bouygues Telecom, propose des téléphones à prix réduits en échange d’un engagement sur 12 ou 24 mois. « En l'occurrence, cela revient à pratiquer des taux d'usure de 300 ou 400% que le consommateur ne voit pas », affirme M. Niel.  Free Mobile est partisan du « SIM-Only », autrement dit la vente séparée de l’abonnement et du téléphone, pour lequel il propose dans certains cas un crédit la consommation de 9,99%. Un taux « raisonnable » et « transparent » selon M. Niel.

Cette plainte intervient en plein débat sur la loi Chatel, que les opérateurs historiques souhaitent voir réviser, notamment pour rendre plus difficile le désengagement des abonnés et éviter leur migration vers des offres sans engagement dans la durée, comme celles proposées par Free. Outre la gratuité du temps d'attente avant la mise en relation téléphonique avec l'assistance technique, cette prévoit la possibilité pour un abonné engagé pour 24 mois de se désengager au bout d'un an et de partir en ne payant que 25% du montant encore dû.

Le titre d’Iliad a perdu 1,3% mercredi à la Bourse de Paris tandis que celui de Vivendi (maison-mère de SFR) a gagné 1,6%.