Les grandes manœuvres se poursuivent chez Vivendi. Après le départ du président du directoire, Jean-Bernard Lévy, fin juin, le groupe de médias et de télécommunications a annoncé lundi plusieurs nominations dans ses filiales.

Jean-Yves Charlier, membre du conseil de surveillance, jusqu’alors président de son comité stratégique, a ainsi été nommé directeur général des activités Télécoms, un poste spécialement créé alors que le groupe envisage de vendre l’opérateur brésilien GVT, qu’il avait acheté en 2009. « Jean-Yves Charlier est actuellement Directeur général de Promethean, société leader dans l’e-learning, et dispose d’une grande expérience dans le secteur des Télécoms », indique Vivendi qui confirme par ailleurs la nomination de Stéphane Roussel à la tête de SFR, sa filiale française de téléphonie mise en difficulté par l’arrivée d’un 4e opérateur de téléphonie mobile (Free) en début d’année. Contrairement à SFR, GVT est en pleine croissance et la vente de cette « pépite » brésilienne, estimée entre 6 et 7 milliards d’euros, dégagerait des marges de manœuvre financière pour un groupe encore lourdement endetté.

De son côté, le président du directoire de Canal+, Bertrand Meheut, a été chargé d’une « mission de réflexion pour le développement des Médias et des Contenus », domaine dans lequel Vivendi est aujourd’hui un des leaders mondiaux mais qui souffre d’un manque de synergies (musique, jeux vidéo et télévision). Le contenu exact de cette mission n'a cependant pas été précisé.

L’hypothèse d’une scission du groupe, évoquée depuis le départ de Jean-Bernard Lévy, se trouve renforcée par les nominations de MM. Charlier et Meheut, commente le courtier Cheuvreux dans une note. Le statut de conglomérat pèse en effet sur le cours de bourse de Vivendi, qui a perdu la moitié de sa valeur depuis cinq ans malgré le redressement des comptes. Le groupe, lui, se refuse à tout commentaire. Il est peu probable qu’il se montre plus prolixe lors de la publication de ses résultats semestriels, prévue le 30 août.

Vers 15h30, le titre est quasi stable sur un marché parisien en hausse de 0,6%.