Direct8 devient D8. Au-delà du changement de nom, c’est surtout un changement d’échelle pour la chaîne de la TNT créée en 2005 par Vincent Bolloré, et dont le rachat par Canal+ vient d’être validé par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Le groupe de télévision à péage avait annoncé il y a un an l'acquisition de 60% du capital de Direct 8 et Direct Star, avec une option pour monter à 100% dans les trois ans. La prise de participation initiale est estimée à 279 millions d'euros.
En mettant la main sur ces deux chaînes, Canal+ espère diversifier ses revenus à l’heure où son modèle de télévision à péage subit la concurrence de nouveaux acteurs venus de l’internet et des pays du Golfe. Le groupe prévoit de tripler le budget actuel de D8 afin d’en faire le plus gros acteur de la télévision numérique terrestre (TNT), et pourquoi pas de le hisser au niveau des chaînes classiques.

Programmes inédits

Dès les prochaines semaines, de nouvelles émissions devraient être lancées, dont un JT, un talk-show quotidien (animé par Laurence Ferrari et Roselyne Bachelot), et des séries jusqu’ici uniquement visibles sur Canal+. A ce sujet, le CSA impose au groupe « un délai minimum de 18 mois entre la diffusion de séries françaises inédites sur Canal+ et sur D8 », et ce bien que D8 doive diffuser « un minimum de 730 heures de programmes totalement inédits sur la télévision française (gratuite et payante) ».

« Ses obligations (Canal+) d’investissement dans la production de nouveaux films et fictions d’expression originale française sont renforcées, au-delà des exigences réglementaires. Ainsi, D8 contribuera dès 2013 au préfinancement d’œuvres cinématographiques », indique également le CSA.

Ces exigences s’ajoutent aux conditions fixées par l’Autorité de la concurrence, qui obligent le groupe à «limiter» ses acquisitions de droits de films et séries américains, ainsi que de films français. Malgré cela, les patrons des autres chaînes de la TNT redoutent que Canal+ ne s'appuie sur sa force de frappe financière pour préempter auprès de producteurs les oeuvres les plus attractives en ne leur laissant que les miettes.

Vers 17h15, le titre Canal+ empoche 0,3% à la Bourse de Paris, sur un marché en baisse de 0,8%. Sa maison-mère, Vivendi, se replie de 1,7%.