C’est une charge inattendue contre Free à laquelle se livre le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, dans une interview à l’hebdomadaire L’Usine Nouvelle parue ce lundi. «Dans la téléphonie, nos prédécesseurs nous ont laissé un capharnaüm», indique-t-il en référence à la licence de téléphonie mobile accordée à Free et à la «course au low cost» initiée par ce dernier.

« Cela a eu pour conséquence deux plans sociaux annoncés, chez SFR et Bouygues, des destructions d’emplois dans la sous-traitance, la précarisation des travailleurs chez Free, les délocalisations accélérées dans les centres d’appels, l’aggravation des difficultés d’Alcatel », détaille le ministre. « La situation d’Alcatel s’est aggravée : -40 % en un an en France. On ne peut le nier », ajoute-t-il.

M. Montebourg opère ainsi un virage à 180°, lui qui avait salué dans un premier temps le lancement de Free Mobile. «Xavier Niel vient de faire avec son nouveau forfait illimité plus pour le pouvoir d'achat des Français que Nicolas Sarkozy en 5 ans» avait-il twitté le 10 janvier 2012, alors qu'il était candidat à la primaire socialiste.

Alcatel-Lucent souffre depuis le début de l’année de la baisse de la demande des opérateurs télécoms, notamment en Europe de l’Ouest, et vient de publier une perte d’exploitation pour le deuxième trimestre consécutif. Les difficultés de l'équipementier ne datent toutefois pas de l'arrivée de Free mobile, et le groupe issu de la fusion d'Alcatel avec l'américain Lucent en 2006 n'a dégagé ses premiers bénéfices que l'an dernier.