C’est une participation certes minoritaire, mais d’une importance stratégique que Lagardère s’apprête à céder en 2013. Arnaud Lagardère, PDG du groupe éponyme, a confirmé mardi devant des analystes sa volonté de vendre ses 7,5% d’EADS, le groupe d’aéronautique et de défense européen.

Cette sortie est « très probable en 2013 », a précisé l’homme d’affaires qui préside actuellement le conseil d’administration d’EADS où il assure l’équilibre des pouvoirs entre la France et l’Allemagne. Pour justifier sa décision, M. Lagardère indique que le programme du futur A350 est « de mieux en mieux engagé tout comme celui de l'A400M (le gros porteur militaire d’Airbus, ndlr) ». Il y aurait donc une « fenêtre » pour réaliser cette cession, annoncée de longue date comme un moyen de désendetter Lagardère et de recentrer le groupe sur les médias.

Une opération à 1,6 milliard


Aux cours actuels, l’opération pourrait rapporter 1,62 milliard d’euros à Lagardère, soit près de 60% de la capitalisation boursière du groupe. Elle pourrait entraîner la distribution d’un « super-dividende » aux actionnaires, dont le premier est Arnaud Lagardère lui-même. Le patron, qui s’est lourdement endetté pour monter au capital de son propre groupe, pourrait en profiter pour rembourser une partie de ses dettes.

Mais la tâche de trouver un repreneur s'annonce compliquée en raison de l'implication de l'Etat français. Ce dernier, actionnaire à 15% d’EADS, aurait envisagé de racheter la part de Lagardère dans le cas d’un rapprochement entre EADS et le britannique BAE Systems. A défaut, il voudra peser sur le choix du repreneur. Or, comme le soulignent les analystes d’Exane BNP Paribas, pour l’instant « il n'y a aucun acquéreur français évident ». Par ailleurs, Lagardère prévoit une autre cession d’envergure en 2013, celle de sa participation de 20% dans Canal+ pour laquelle il envisage une introduction en Bourse.

Vers 15h10, le titre cède 1,4% sur un marché parisien en repli de 1%. Lagardère a publié mardi un chiffre d’affaires en légère baisse (-0,4%) au troisième trimestre, tout en confirmant ses objectifs annuels.