Free aura tenu quatre jours face à la levée de boucliers des éditeurs français de sites internet. L’opérateur avait annoncé jeudi sur son site plusieurs mises à jour de la Freebox, notamment l'ajout d'une fonctionnalité "adblocker" permettant de bloquer les publicités. Cette option installée aurait fait perdre, en quelques jours, plusieurs millions d’euros aux professionnels de la publicité en ligne, à commencer par Google.

Ce « filtre anti-pub » a été désactivé ce lundi, d’après plusieurs sites spécialisés, mais il reste en option, dans une version « test », sur les nouvelles Freebox. D’après de nombreux observateurs, Free entend s’en servir comme un moyen de pression sur le moteur de recherche américain, à qui il tente d’arracher un accord sur le partage des revenus publicitaires.

Depuis des années, les fournisseurs d'accès à Internet se plaignent que les grands fournisseurs américains de contenu siphonnent toute la publicité des sites web, ne leur laissant rien alors qu'ils sont, eux, obligés de consentir d'importants investissements pour faire face à la place de plus en plus grande de la vidéo, très gourmande en bande passante.

Monnayer l'accès à ses abonnés

Si Free, qui compte 5 millions d'abonnés en France, installait durablement une version efficace de son filtre, il amputerait les revenus de Google en France mais également ceux de nombreux sites internet, notamment les gratuits, qui vivent des annonceurs. Beaucoup de sites dépendent des recettes publicitaires, qui sont parfois leur seule source de revenus.

Un accord négocié avec Google semble donc l’option la plus raisonnable.
L'opérateur historique, Orange (France Télécom), a lui-même négocié avec Google un accord similaire pour un montant chiffré en millions d'euros, et ses concurrents comme Bouygues voudraient en faire autant, selon une source citée par l’AFP. Pour les analystes de CM-CIC Securities, « il est vraisemblable qu'Iliad (Free) parvienne à ses fins et puisse ainsi monnayer l'accès à ses abonnés mais il est trop tôt à ce stade pour évaluer le montant des revenus qu'il pourra en tirer ».

Vers 12h45, le titre d’Iliad, la maison-mère de Free, recule de 1% à la Bourse de Paris sur un marché en baisse de 0,6%.