Les temps sont durs pour France Télécom. Après avoir chuté de 31% en 2012 – la plus mauvaise performance du CAC 40- le titre reste à la peine en ce début d’année. Il a lâché plus de 6% la semaine dernière dans la foulée de l’annonce par SFR d’une nouvelle offensive tarifaire sur ses offres de téléphonie mobile.
Ce lundi dans Les Echos, le directeur financier d’Orange, Gervais Pellissier, revient sur cette glissade boursière et sur l’environnement concurrentiel qu’il doit affronter.

« Les décisions successives de baisse (des tarifs, ndlr) ne plaisent pas au marché », reconnaît-il. « Pour autant, cela ne remet pas en cause nos prévisions financières, ni notre stratégie ». En 2012 « nous avons poursuivi l'effort de réduction de notre dette, malgré la pression sur le chiffre d'affaires et donc sur les cash-flows. C'est cela qui va nous permettre de continuer à investir, pour gagner la bataille de la valeur », ajoute-t-il.

Orange compte défendre ses marges grâce notamment au lancement de la 4G dont il espère étendre rapidement la couverture à tout le territoire. D’après M. Pellissier, les clients sont en effet prêts à payer davantage pour le très haut débit mobile, surtout à l’heure de l’ « internet mobile ». « Nous allons refondre nos tarifs en avril. Au Royaume-Uni, la 4G ajoute 6 à 10 livres au forfait. Nous n'avons pas encore figé nos tarifs pour la France, mais cela pourrait être 5 ou 10 euros de plus », précise-t-il.

Pas de baisse de tarifs sur les offres standard


Pour le numéro deux d’Orange, en matière de téléphonie mobile, il est important de distinguer le segment low cost qui devrait atteindre « 30% à 40% du marché » des offres « à valeur » qui permettent des débits plus rapides et un subventionnement des téléphones portables sous réserve d’engagement du client. « Personnellement, je trouve qu'une baisse appliquée sans discernement sur les offres à valeur et à coût bas n'aide pas à une lecture claire du marché. Chez Orange, nous ne procéderons pas à une telle baisse », assure-t-il. Orange ne devrait donc pas baisser le prix de ses forfaits Origami, contrairement à ce que vient de faire SFR pour ses formules Carrées.

M. Pellissier souligne enfin la « résistance commerciale » de son groupe ainsi que sa « solidité financière ». Orange est mieux noté que d’autres opérateurs européens tels que Deutsche Telekom, KPN et Telefonica. Selon lui, la dégringolade du titre « n’est pas entièrement justifiée» au regard des efforts d’adaptation en cours.

Vers 11h55, l’action regagne 1,1% sur un marché parisien en hausse de 0,1%. Depuis le début de l’année, le titre a repris 2,3% contre un gain de 3,8% pour le CAC40.