Voilà qui va relancer les spéculations sur une consolidation du secteur français des télécoms. Dans une interview au Figaro, le PDG du câblo-opérateur Numericable, Eric Denoyer, confirme être l’un des principaux prétendants au mariage avec SFR, la filiale de Vivendi ébranlée en 2012 par l’arrivée du quatrième opérateur de téléphonie mobile (Free).

D’après le Figaro, les deux groupes auraient étudié en octobre le scénario d’un rapprochement, plus précisément d’un rachat de SFR par Numericable, mais ce dernier nécessiterait « un montage compliqué ». En effet, SFR, avec plus de 20 millions d’abonnés fixe et mobile, est bien plus gros que Numericable et ses 800 000 clients (dont plus de 500 000 en fibre optique).

« Il y a un sens à rapprocher Numericable, qui est le leader du très haut débit fixe et de loin avec deux tiers du marché, et SFR, qui a essentiellement une base d'abonnés mobiles et est le plus avancé sur le très haut débit mobile «4G» », assure pourtant Eric Denoyer. Face à la guerre des prix déclenchée par Free Mobile, les opérateurs vont devoir « rationaliser leurs investissements » notamment en ce qui concerne le déploiement des réseaux de dernière génération (fibre optique pour le fixe, 4G pour le mobile). « Pour un autre acteur, un rapprochement avec Numericable permettrait de gagner beaucoup de temps: comme nous couvrons un tiers du territoire (en fibre optique, ndlr), une part importante des clients SFR serait instantanément couverte en très haut débit », souligne M. Denoyer.

Reste à convaincre SFR, ou plutôt sa maison-mère Vivendi, de l’opportunité d’un tel mariage. En janvier, le PDG de SFR Stéphane Roussel a déclaré que son entreprise n’était pas à vendre et qu’elle n’envisageait pas non plus de fusion. Mais tout dépend de sa maison-mère qui a engagé depuis plusieurs mois un mouvement clair de sortie du secteur des télécoms (mise en vente de ses participations dans Maroc Telecom et GVT au Brésil), et veut se recentrer sur les médias. Le principal risque pour Vivendi, en vendant SFR, serait de faire une moins-value. La valeur de l’opérateur est estimée aujourd’hui autour de 15 milliards d’euros contre 18 milliards en 2011. Des précisions sur la stratégie du groupe sont attendues d’ici à la prochaine assemblée générale, le 30 avril.