L'équipementier franco-américain en télécommunications Alcatel-Lucent est retombé dans le rouge en 2012, avec une perte nette de 1,3 milliard d'euros, sous l'effet d'importantes dépréciations d'actifs. Il y a un an, le groupe avait été bénéficiaire de plus d'un milliard. Mais, comme il en a l'obligation, le groupe a dû déprécier de 1,4 milliard d'euros les écarts d'acquisitions enregistrés lors de l'acquisition de nouvelles filiales. Ces "goodwills" mesurent la différence entre la valeur comptable d'une acquisition et le prix réellement payé par l'entreprise.
Cette décision, qui a déjà plombé les résultats de plusieurs groupes importants comme le Crédit Agricole ou ArcelorMittal, reflète le fait que certaines acquisitions ne se sont pas révélées aussi judicieuses que prévu.

En raison des pertes encourues, le Conseil d'administration a recommandé de ne pas distribuer de dividende au titre de l'exercice 2012. Par ailleurs, le directeur général du groupe, le néerlandais Ben Vewaayen, a annoncé son départ après quatre années passées à la tête du groupe. « Je ne demanderai pas à ce que mon mandat de directeur général soit renouvelé. C'est évidemment une décision douloureuse mais qui est certainement bonne pour le groupe », a déclaré lors d'une conférence téléphonique Ben Verwaayen, dont le mandat arrive à échéance en 2013, à l'issue de l'assemblée générale des actionnaires.

Vers 12h25, le titre prend 6,5% sur un marché en hausse de 0,2%.

Un groupe convalescent

Depuis son arrivée à la tête du groupe, Ben Verwaayen, d'origine néerlandaise et ancien patron de l'opérateur BT, a réduit la gamme de produits et les coûts d'exploitation, permettant au groupe de renouer avec les bénéfices en 2011, pour la première fois depuis la fusion. Mais l'année 2012 a été marquée par un ralentissement des investissements des opérateurs télécoms, fragilisant l'activité de l'équipementier. Dans ce contexte, Alcatel a lancé l'an dernier un plan de restructuration impliquant la suppression d'environ 5.500 emplois.

Sanctionnant ces mauvaises performances, le titre a chuté d'environ 70% depuis septembre 2008 alors que l'indice sectoriel européen est resté stable sur cette période, faisant fondre la capitalisation boursière de sept milliards d'euros et entraînant la sortie du titre de l'indice CAC 40 en décembre 2012.

Depuis le début de l'année, le titre s’est repris et a gagné 30%, portant la capitalisation boursière du groupe à plus de trois milliards d'euros. Alcatel-Lucent a obtenu fin janvier une rallonge de son prêt bancaire, porté de 1,6 milliard d'euros à 2,0 milliards d'euros, qui va lui permettre de mettre en place son "Programme performance", un vaste plan de réduction des coûts de 1,25 milliard d'euros d'ici fin 2013.

« Cet accord de refinancement conjugué à la mise en oeuvre de notre plan de restructuration assurera un terrain solide au successeur qui sera nommé par le conseil d'administration», a estimé Ben Verwaayen.