Grâce à ses offres de téléphonie mobile lancées il y a un an, Free (groupe Iliad) a pratiquement doublé sa clientèle. Le groupe a annoncé jeudi avoir recruté 5,2 millions d’abonnés mobile en 2012, soit 8% du marché français. C’est presque autant que sa clientèle dans l’internet haut débit (+ télévision + téléphone) qui a progressé de 515 000 à 5,3 millions d’abonnés.

En réalité, une bonne partie des nouveaux abonnés au mobile étaient déjà clients en téléphonie fixe, et ne sont donc pas à proprement parler des nouveaux clients. Dans son communiqué, Free évoque ainsi « une base d’abonnés (mobile) globalement équilibrée entre les deux forfaits, entre les Freenautes et les nouveaux venus ».

Cette précision apportée, le succès est indéniable. En 2012, le groupe a généré près de 844 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce à son activité mobile, soit plus d’un quart du chiffre d’affaires qui a lui-même progressé de 50% à trois milliards d'euros. On attend avec impatience la publication des résultats complets d’Iliad en mars pour voir dans quelle mesure cette croissance est rentable. Car si Free a réussi son pari de s’imposer d’emblée comme un dangereux concurrent pour les opérateurs historiques, c’est grâce à des prix cassés qui ne lui permettent pas à ce stade de gagner de l’argent dans le mobile. « Nous avons toujours dit que notre activité mobile serait rentable à moyen long terme, nous le maintenons », avait indiqué en juin dernier le directeur financier Thomas Reynaud. Selon lui, l’atteinte de cet objectif dépendra de la vitesse à laquelle Free pourrait installer ses propres antennes et faire migrer ses clients vers son offre la plus chère. L’objectif étant de doubler, voire tripler la part de marché du groupe d’ici 2017.

Vers 12h15, l’action Iliad s’adjuge 3,1% à la Bourse de Paris, portant sa hausse à 50% depuis un an. Iliad pèse désormais plus que Bouygues, le conglomérat qui a dévoilé cette semaine des chiffres en baisse pour sa filiale Bouygues Telecom.