Nouveau coup de théâtre dans le secteur des télécom. Bouygues Telecom a obtenu vendredi le feu vert de l’autorité de régulation du secteur pour convertir une partie de son parc d’antennes à la 4G, sans avoir à acheter de nouvelles fréquences.

Cette décision était attendue depuis de longs mois par la filiale du groupe Bouygues qui a particulièrement souffert en 2012 de la concurrence acharnée dans le secteur de la téléphonie mobile, et mise sur le développement de l'internet mobile haut débit (4G) pour contrer la montée en puissance du quatrième opérateur, Free.

Bouygues Telecom avait ainsi demandé en juillet 2012 à l'Autorité des télécoms (Arcep) de pouvoir utiliser sa bande de fréquences 1.800 MHz - actuellement utilisée pour la 2G qui achemine la voix et des données de faible volume comme les SMS - pour y faire transiter la 4G. La réponse de l’Arcep est positive. « L'ARCEP autorise Bouygues Telecom à mettre en oeuvre la 4G dans la bande 1800 MHz, à partir du 1er octobre 2013, sous réserve qu'elle restitue préalablement des fréquences ».

L'emploi menacé chez SFR

Cette opération appelée « refarming » va permettre à Bouygues de déployer très rapidement une couverture 4G à partir de ses antennes existantes et s’éviter ainsi de lourds investissements. Ce tour de passe-passe est loin d'enchanter les autres opérateurs Orange et SFR qui se sont lancés depuis le début de l'année dans le déploiement d'un tout nouveau réseau, forcément plus coûteux. Le PDG de SFR, Stéphane Roussel, avait ainsi indiqué que 5000 de ses emplois (avec les sous-traitants) étaient menacés si un tel avantage concurrentiel était octroyé à Bouygues Telecom. Un argument qui n’a pas convaincu l’Autorité de régulation. 

« L’avantage que pourrait tirer la société Bouygues Telecom d’une levée anticipée de la restriction technologique n’apparait pas d’une ampleur et d’une durée telles qu’il constituerait une distorsion concurrentielle sur le marché mobile », souligne l’Arcep. « Au contraire, cela devrait inciter chacun des opérateurs à tirer profit des autorisations d’utilisation de fréquences acquises pour le développement du très haut débit mobile en accélérant les déploiements et l’offre de services innovants ». D’ailleurs « les sociétés SFR et Orange disposent, elles aussi, de la possibilité de demander à tout moment que leurs autorisations dans la bande 1800 MHz soient étendues à la 4G », ajoute-t-elle. Quant à Free Mobile, qui ne dispose pas de fréquences dans la bande 1800 MHz, il pourra, s’il le souhaite, se voir attribuer les fréquences disponibles dans cette bande au nom de « l’égalité entre opérateurs ».

Vers 11h15, le titre Bouygues s’adjuge 4,3% et prend la tête du CAC 40 tandis que la maison-mère de SFR, Vivendi, est lanterne rouge (-3,2%). De quoi alimenter la polémique sur la décision de l’Arcep.