Stéphane Richard n’a pas peur de se mouiller lorsqu'il s'agit de défendre sa stratégie. Dans une interview au Figaro parue lundi, le patron d’Orange répond à sa manière aux critiques sur la chute du cours de l’action France Telecom en 2012 (-30%, plus forte baisse du CAC 40 l’année dernière).

« La baisse du cours de Bourse me préoccupe beaucoup. Pour les actionnaires de France Télécom, l'État, le FSI, les salariés du groupe. À titre personnel aussi : j'ai acheté 60.000 actions à 17 euros », révèle-t-il dans cet entretien. Soit un investissement d’environ un million d’euros, qui n’en vaut aujourd’hui plus que la moitié puisque le cours a été divisé par deux depuis 2010, à 8,5 euros.

La chute du titre en 2012 s’explique essentiellement par l’arrivée sur le marché de la téléphonie mobile du quatrième opérateur, Free, qui a poussé l’opérateur historique dans ses retranchements. « Les trois acteurs existants ont subi un choc de marché d'une violence inouïe. Un vrai coup de Trafalgar qui nous a fait perdre près d'un milliard d'euros de marge en 2012, et sans doute autant en 2013 », analyse M. Richard. Le patron d’Orange se félicite néanmoins d’avoir conclu avec Free un juteux accord d’itinérance, dont les recettes sont estimées entre 500 et 700 millions d’euros par an et qui court jusqu’en 2018. Sans cet accord « la facture aurait pu être encore plus salée », indique-t-il.

Un euro de plus par mois pour la 4G 


En 2013, le groupe mise sur le déploiement de la 4G pour attirer de nouveaux clients mais aussi faire remonter son cours de Bourse. Le très haut débit mobile doit en effet lui permettre d’augmenter son revenu par utilisateur et de sortir de la guerre commerciale qui tire les prix des forfaits 2G et 3G toujours plus bas. « Nous sommes numéro 1 sur la 3G depuis 3 ans. Nous faisons tout pour le rester sur la 4G », souligne Stéphane Richard qui annonce l’ouverture du service dans 11 nouvelles villes début avril, et à Paris d’ici la fin de l’année. Dans un premier temps, le prix du très haut débit sera modéré : il en coûtera 1 euro de plus par mois aux clients ayant souscrit un forfait Origami. « Dans une deuxième phase, quand notre couverture 4G sera plus étendue, le prix s'ajustera », souligne M. Richard. La 4G ne sera pas disponible avec un forfait « low cost », notamment les forfaits Sosh commercialisés uniquement sur internet.

Malgré de bonnes performances commerciales fin 2012 le groupe continuera à souffrir cette année d’un environnement de plus en plus concurrentiel. C’est pourquoi il a fortement baissé son dividende pour 2012 et 2013 (à 0,80 euro parc action contre 1,4 euro en 2011). Pas sûr que la hausse du titre de 20% depuis un mois soit suffisante pour redonner le sourire aux actionnaires. Stéphane Richard, lui, veut y voir le signe d’un nouvel intérêt de la part des investisseurs.