Arnaud Lagardère repasse à l’offensive dans le dossier Canal+. Dans un entretien accordé au Monde jeudi, le patron du groupe de médias fait une offre de rachat à Vivendi qui détient 80% du groupe de télévision à péage (contre 20% pour Lagardère).

« Si Vivendi manque d'optimisme quant à l'avenir de Canal+ France, je suis prêt à étudier la reprise des 80% qu'ils détiennent et à les introduire en Bourse à des conditions favorables », indique M. Lagardère dans cet entretien dont seul un extrait était disponible sur lemonde.fr.

Cette proposition illustre un changement de tactique de la part de Lagardère qui souhaitait jusqu’à présent vendre à Lagardère ses 20%, ou à défaut les introduire en bourse. Une procédure en ce sens avait même été lancée en 2011 avant d’être suspendue en raison des turbulences sur les marchés financiers.

Désormais, Lagardère entend donc racheter Canal+ France à Vivendi avant d’envisager une cotation. Il faut dire que le groupe a les moyens de nouvelles acquisitions depuis qu’il a cédé sa participation dans EADS pour 2,3 milliards d’euros. Reste à savoir si Vivendi est prêt à vendre et à quel prix.

Procédure judiciaire

Arnaud Lagardère évoque à cet égard le contentieux qui l'oppose à Vivendi à propos de la chaîne de télévision payante. En février, Lagardère a en effet assigné Vivendi devant le tribunal de commerce de Paris. Le litige porte sur une convention de trésorerie conclue entre Vivendi et Canal+ France lors de la création de cette dernière en 2007. Estimée à 300 millions d'euros au départ, selon les avocats de Lagardère, la trésorerie générée par Canal+ France n'a pas cessé de croître pour atteindre 1,6 milliard d'euros à fin décembre 2012. Or on assure chez Lagardère que ce pactole, loin d'être investi pour optimiser le rendement de Canal+ France, est utilisé au gré des besoins de Vivendi, notamment pour financer sans aucun retour pour Canal+ France des opérations de croissance externe ou des prêts pour d'autres filiales de Vivendi.

Lagardère réclame donc l'annulation pure et simple de la convention et la restitution - sous astreinte d'un million d'euros par jour - à Canal+ de la totalité des 1,6 milliard d'euros. Vivendi réfute la nullité de cette convention en assurant que Lagardère l'a expressément approuvée" sans jamais la contester lors de ses tacites reconductions.

Compte tenu de ce litige, les discussions sur l’avenir de Canal+ s’annoncent difficiles. Lagardère clarifiera peut-être ses intentions demain à l’occasion de son assemblée générale. En attendant, le titre cède 0,3% vers 11h à la Bourse de Paris alors que Vivendi se replie de 1,5%.