La pression monte chez Alcatel-Lucent. Plusieurs analystes ont évoqué cette semaine l’importance du 19 juin, date à laquelle le nouveau directeur général, Michel Combes, doit présenter son plan de redressement de l’entreprise.

Au premier trimestre, l’équipementier télécoms a encore affiché une perte nette de 353 millions d’euros en raison de la baisse des investissements des opérateurs et d’une forte concurrence, exercée notamment en Europe par les acteurs chinois. Au bord de la cessation de paiement fin 2012, le groupe a négocié une ligne de crédit de 2 milliards d’euros auprès de Golman Sachs et de Crédit Suisse, mais il continue à consommer des liquidités.

Fin avril, le groupe avait dit vouloir « revoir activement ses activités» et son modèle opérationnel. «Il ne sera pas possible de maintenir la présence du groupe dans toutes les zones géographiques ni sur tous les contrats», avait alors précisé Michel Combes. Les analystes évoquent des cessions et un approfondissement du plan d’économies qui prévoit déjà 1,25 milliard d’euros de réduction de coûts d’ici fin 2013 et la suppression de plus de 5000 postes dans le monde.

Pas de miracle


« Il y a une véritable histoire de restructuration et le cours de Bourse de l'équipementier télécoms reste proche de ses plus bas historiques », souligne Morgan Stanley qui maintient sa recommandation Surpondérer avec un objectif de cours de 2 euros. Le courtier estime que l'annonce d'objectifs précis en termes de dépenses d'exploitation et de besoin en fonds de roulement pour les 6 à 12 prochains mois permettrait d'apaiser les craintes du marché, notamment sur la question de la structure du refinancement auprès des banques.

De son côté Berenberg n’attend pas de miracle le 19 juin. « Nous nous souvenons bien des plans stratégiques de Serge Tchuruk en 1998, 2002 et 2006, et de celui de Patricio Russo durant son mandat. Et n'oublions pas Ben Verwaayen (le prédécesseur de Michel Combes, ndlr) et ses nombreuses promesses », écrit le bureau d’études. Selon lui, les marges de manœuvre du nouveau directeur général sont faibles, tant en termes de cessions que d’économies.

Vers 11h35, le titre gagne 1,6% sur un marché parisien quasi stable. Il a pris 25% depuis un mois, la plus forte hausse du SBF 120 derrière Club Méditerranée (ce dernier ayant fait l’objet d’une offre de rachat).