En marge de la publication de ses résultats semestriels, Orange (ex France Télécom) a annoncé jeudi le versement dans les prochaines semaines de 2,1 milliards d’euros à l’administration fiscale, qui lui réclame cette somme suite à une redéfinition du périmètre du groupe opérée en 2005.

Cette opération, impulsée par la volonté de simplifier l’organisation du groupe, a consisté en une transmission universelle de patrimoine dans France Télécom S.A. d'une holding de droit français détenant une soixantaine de filiales et participations pour le compte du groupe. Les provisions inscrites dans les comptes de cette holding ont été reprises par France Télécom mais n’ont pas été intégrées au résultat, ce qui a entraîné un redressement fiscal.

Orange a contesté ce redressement auprès des services de Bercy puis du tribunal administratif, mais ce dernier lui a donné tort le 4 juillet dernier. C’est pourquoi le groupe va devoir verser, d'ici la fin du mois, l’amende de 1,95 milliard d’euros infligée par Bercy, à laquelle s’ajoutent des intérêts de retard de 190 millions. Orange précise qu’il va faire appel de la décision du tribunal administratif mais que cela n’est pas suspensif du versement.

« Dans le cadre de sa politique de financement prudente, le groupe a conservé un niveau de liquidité élevé nous permettant de faire face aujourd’hui à ce décaissement », rassure Orange. Le groupe a déjà provisionné 1,95 milliard dans ses comptes, par conséquent cela n’affectera pas ses résultats. « Par ailleurs, les informations fournies aux acteurs de marché sur ce litige fiscal ont été très largement prises en compte dans les calculs de valorisation des analystes financiers », ajoute-t-il.

Il n’en reste pas moins qu’un tel décaissement tombe mal au moment où le groupe peine à maintenir ses revenus sur un marché de la téléphonie mobile soumis à une forte concurrence. Au premier semestre, le chiffre d’affaires a en effet reculé de 4,5% à un peu plus de 20 milliards d’euros pour un bénéfice net de 1,2 milliard. Le groupe confirme l’objectif qu’il s’est fixé pour l’exercice 2013d’atteindre un cash flow opérationnel supérieur à 7 milliards d’euros et un ratio dette nette/EBITDA autour de 2,2, « hors l’impact du litige fiscal ». Les analystes de Goldman Sachs estiment cependant que ce litige pourrait avoir un impact sur la notation financière du groupe.

Vers 11h15, le titre cède 4,3% à la Bourse de Paris sur un marché en baisse de 0,7%.