Changement de prénom à la tête d’Havas. Vendredi le groupe a entériné la nomination de Yannick Bolloré au poste de PDG en remplacement de son père, Vincent Bolloré, qui quitte ses fonctions tout en restant le premier actionnaire du groupe.

A 33 ans, le fils cadet de Vincent Bolloré quitte le pôle télévision du groupe familial (Direct 8, Virgin 17) pour diriger une entreprise présente dans plus de cent pays et employant environ 15 000 personnes. Le conseil d’administration d’Havas a cependant confirmé David Jones dans ses fonctions de directeur général Monde ainsi que Hervé Philippe comme directeur général délégué.

Au premier semestre, Havas a enregistré une légère hausse (+1%) de son chiffre d’affaires à 837 millions d’euros mais son résultat opérationnel a bondi de 10% à 109 millions. « La rentabilité du groupe s’est améliorée significativement et nous avons atteint un niveau record de 13% de marge opérationnelle » a commenté David Jones. Contre toute attente, le groupe a enregistré  une croissance de 2,3% de ses revenus en France alors qu'il reculaient dans le reste de l’Europe (hors-Royaume-Uni). « Au second trimestre l’Amérique du Nord est redevenue positive et l’Amérique Latine a retrouvé une croissance à deux chiffres », a également indiqué M. Jones.

Ces résultats ont été bien accueillis en bourse, le titre prenant plus de 5% ce lundi. Ils pourraient relancer les spéculations sur l’avenir de l’entreprise qui fait figure de petit poucet dans le secteur après la fusion entre Publicis et Omnicom (annoncée fin juillet). Interrogé sur ce nouveau mastodonte, Yannick Bolloré a estimé qu’ « Havas a(vait) toute sa place pour continuer dans son format actuel ». « Cette fusion est une formidable opportunité pour nous », en permettant de récupérer des clients, mais aussi « un risque » en raison de la puissance du nouveau groupe, a-t-il ajouté dans une interview à BFM TV.

Reste la question de l’avenir de Vincent Bolloré. Entré au conseil de surveillance de Vivendi en avril, l’homme d’affaires ne cache pas sa volonté de présider aux destinées du conglomérat, dont il détient un peu plus de 5%. Son départ d’Havas ne dit rien d’autre.