130 milliards de dollars. Peu ou prou le PIB de la Hongrie. C’est ce que va débourser Verizon pour racheter les 45% détenus par Vodafone dans leur coentreprise américaine Verizon Wireless. Cette somme gigantesque fait de ce rachat la deuxième plus grosse fusion-acquisition de l’histoire (derrière le rachat de Mannesman par Vodafone en 2000). Elle devrait avant tout profiter aux actionnaires de Vodafone auquel sera reversé un dividende exceptionnel. Parmi eux figurent de nombreux fonds de pension britanniques.

Mais alors que ces derniers se réjouissent, les actionnaires de Verizon font plutôt grise mine ce mardi. Vers 16h20, le titre cède 4,5% à Wall Street, sur un marché en hausse de 0,6%. Pourtant les deux groupes ont bien pris soin de présenter l’opération sous son meilleur jour. Verizon Wireless « est un excellent investissement » et « un actif fantastique qui génère beaucoup de cash tous les mois », a souligné Vittorio Colao, le directeur général de Vodafone. L’entreprise, premier opérateur mobile aux Etats-Unis, a dégagé un résultat opérationnel de 22 milliards de dollars en 2012.

D’après Verizon, l’opération aura un effet positif sur son bénéfice dès la première année. Pour autant, la somme qu’il va devoir emprunter – 58,9 milliards de dollars, le reste étant payé en actions – est la plus importante jamais déboursée pour un rachat. Le précédent record était détenu par le groupe agroalimentaire Inbev, qui avait versé 50 milliards de dollars en cash pour mettre la main le brasseur Anheuser-Busch en 2008. Or, le marché américain de la téléphonie mobile s’avère de plus en plus concurrentiel, avec la montée en puissance de nouveaux opérateurs comme Sprint et T-Mobile qui menacent l’hégémonie de Verizon et AT&T. Cette opération pourrait avoir des répercussions en Europe où Vodafone fait désormais figure de prédateur, son trésor de guerre lui permettant de lorgner sur ses concurrents les plus mal en point, notamment en Espagne et en Allemagne.