Drôle d’agitation chez Vivendi. D’après l’agence Reuters, le président du conseil de surveillance, Jean-René Fourtou, a engagé un cabinet de recrutement afin de remplacer Jean-Bernard Lévy, l’ex président du directoire évincé en juin. Le choix du prestataire se serait porté sur le patron du groupe de médias allemand Bertelsmann, Thomas Rabe.

Seulement voilà, M. Rabe n'est pas disponible pour d'autres fonctions, a fait savoir un porte-parole du groupe allemand. D’ailleurs, sa nomination n’est pas du goût du principal actionnaire de Vivendi, Vincent Bolloré, qui se verrait bien prendre lui-même les rênes du groupe de l’avenue de Friedland. Sa candidature sera examinée ce mercredi par le comité des nominations de Vivendi, indique Le Figaro.

Cette candidature, si elle était avérée, menacerait la suprématie de Jean-René Fourtou chez Vivendi. Le président du conseil de surveillance, grand artisan du redressement du groupe au début des années 2000, en est le véritable homme fort. Depuis le départ de Jean-Bernard Lévy, il cumule plus ou moins les fonctions de président et directeur général.

Depuis un an, il a lancé une revue stratégique destinée à améliorer les performances boursières du groupe, mais les résultats tardent à venir. Vivendi a vendu ses parts dans Maroc Telecom ainsi que sa division de jeux vidéo Activision Blizzard, mais il peine à trouver un repreneur pour l’opérateur téléphonique brésilien GVT. Surtout, ses résultats sont pénalisés par ceux de SFR, sa filiale française de téléphonie mobile.

L’arrivée de Vincent Bolloré pourrait entraîner d’importants changements dans la poursuite de cette stratégie. La rumeur est en tout cas bien accueillie par les investisseurs puisque le titre gagne 1,9% lundi en milieu d’après-midi, sur un marché en baisse de 1,5%.