Après avoir entretenu le flou sur ses intentions, Vincent Bolloré a démenti hier soir vouloir diriger Vivendi dont il est le premier actionnaire et membre du conseil de surveillance. M. Bolloré « n’est pas, lui-même, à la recherche d’un poste ou d’une rémunération dans le groupe Vivendi » mais il demeure « vigilant sur l’évolution prochaine du Directoire et du Conseil de Surveillance », a indiqué mardi le groupe Bolloré.

Le groupe Bolloré est entré au capital de Vivendi il y a deux ans après lui avoir cédé deux chaînes de télévision, Direct 8 et Direct Star. « Il a, en outre, investi directement des montants très importants pour devenir le premier actionnaire avec plus de 5% du capital de Vivendi représentant une valeur supérieure à 1 milliard d’euros », souligne-t-il dans un communiqué. Cela, dans l’interprétation de M. Bolloré, lui donne un droit de veto sur les nominations et les grandes orientations stratégiques du groupe. Ainsi, « M. Vincent Bolloré se félicite du retrait du candidat présenté par M. Jean-René Fourtou » au poste de président du directoire, l’allemand Thomas Rabe, et se dit « très attentif et déterminé à ce que ce fleuron de l’industrie française des médias et des communications soit à présent géré en toute transparence, pour bien rester français et ne pas risquer d’être démantelé ».

Guerre des chefs

Cette mise au point illustre le climat tendu qui règne chez Vivendi depuis le départ surprise du président du directoire, Jean-Bernard Lévy, en juin dernier. Le président du conseil de surveillance, Jean-René Fourtou, aurait mandaté un cabinet de chasseur de têtes pour lui trouver un successeur, au grand dam de plusieurs candidats internes parmi lesquels le patron de Canal Plus, Bertrand Meheut, et celui de SFR Jean-Yves Charlier. « Aucun gagnant n'est ressorti de cette guerre des chefs et le groupe n'a toujours pas communiqué sur une stratégie claire, après la vente de plusieurs de leurs actifs importants », soulignent les analystes d’Aurel BGC ce matin.

Vivendi a entamé il y a un an une revue stratégique de ses activités qui doit déboucher sur son recentrage sur les médias (Canal+, Direct8), l’internet (Digitick) et la musique (Universal Music). Il a cédé des actifs dans la téléphonie mobile (Maroc Telecom) et les jeux vidéo (Activision Blizzard) mais conserve pour l’heure l’opérateur téléphonique brésilien GVT et surtout le français SFR, qui font face à une forte concurrence sur leurs marchés respectifs.

Cette stratégie peine à convaincre les investisseurs. Le titre n’a pas progressé depuis le 1er janvier alors que le CAC 40 a pris 17%. Vers 13h20, il cède 2,1% sur un marché quasi stable.