Numericable a lancé jeudi la procédure de son entrée en bourse en enregistrant son document de base auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le câblo-opérateur, créé en 2008 à la suite de la fusion des réseaux de France Télécom Câble, NC Numericable, TDF Câble, UPC et Noos, espère lever entre 200 et 250 millions d’euros pour accélérer ses investissements sur le marché naissant du très haut débit.

« L’opération envisagée devrait permettre aux investisseurs de devenir actionnaires du premier acteur de câble et de fibre en France et de bénéficier des perspectives de croissance du marché du Très Haut Débit », a déclaré Eric Denoyer, Président-Directeur général de Numericable Group.

Aucune date de cotation n’a pour l’heure été avancée. Néanmoins, d’après certains analystes conviés à une présentation des chiffres du groupe ce jeudi, elle pourrait avoir lieu en octobre. Il s’agirait de la plus grosse opération de l’année à la Bourse de Paris. Avec un chiffre d’affaires de 874 millions d’euros et un résultat brut d’exploitation (Ebitda) de 456 millions en 2012, Numericable serait valoriséautour de 3 milliards d’euros.

Numericable reste cependant un petit acteur du marché de la télévision, internet et téléphonie mobile, après avoir souffert d’une image de piètre qualité de service pendant quelques années. Son parc d’abonnés est modeste au regard de ses concurrents : 1,6 million de clients. Néanmoins, il a augmenté l’année dernière, signe que le groupe a su corriger ses défauts dans un marché des télécom français de plus en plus concurrentiel. A l’heure où les besoins en bande passante explosent (vidéos sur internet, télévision HD, etc), Numericable dispose d’un atout non négligeable avec son réseau très haut débit, qu'il veut étendre grâce aux fonds levés lors de l'introduction en bourse. Ce réseau fait d’ailleurs de la société une cible de rachat potentielle pour des opérateurs de plus grande taille, comme l’a montré le récent rachat de Kabel Deutschland par Vodafone.

L'entreprise traîne cependant une dette importante issue de la fusion. Celle-ci se monte aujourd'hui à 2,7 milliards d’euros, soit 4,4 fois l'excédent brut d'exploitation.