Faute d’avoir trouvé un terrain d’entente pour une alliance avec un opérateur téléphonique, Numericable mise sur la bourse pour accélérer son développement. Le câblo-opérateur a lancé lundi son processus d’introduction qui doit aboutir à la cotation d’au moins 25% de son capital.

Il s’agit de la plus grosse opération depuis la scission du pôle services d’Accor, Edenred, en 2010. Numericable a fixé le prix de ses actions entre 20,30 et 24,80 euros, ce qui valorisera le groupe entre 5,06 et 5,57 milliards d’euros, dette comprise. Le processus de placement des actions commence dès ce lundi et se terminera le 7 novembre, veille du premier jour prévu de cotation.

« L’opération envisagée devrait permettre aux investisseurs de devenir actionnaires du premier acteur de câble et de fibre en France et de bénéficier des perspectives de croissance du marché du Très Haut Débit », a déclaré le PDG de Numericable Eric Denoyer. Le groupe envisage de lever via une augmentation de capital 250 millions d'euros tandis que les fonds Carlyle et Cinven, actuellement actionnaires majoritaires, récupéreront 400 millions de la vente de leurs titres. La taille de l'opération pourrait être augmentée de 15% en cas de forte demande.

Une future valeur spéculative?

Les analystes s'attendent à un certain engouement pour cette mise en Bourse car les actifs dans le câble sont devenus une ressource rare en Europe après une série d'acquisitions, dont celle de Kabel Deutschland par Vodafone et celle de Virgin Media par l'américain Liberty Global. Mais Numericable est considéré comme un actif de moins bonne qualité que nombre de ses pairs, compte tenu de sa dette élevée (2,75 milliards d’euros). Le groupe compte utiliser les nouveaux fonds pour accélérer le déploiement de la fibre optique sur son réseau. « L'engouement viendra du caractère opéable du dossier et des synergies, du timing, que chaque investisseur voudra bien 'prêter' à ce mouvement », écrit Bertrand Lamielle, directeur de la gestion chez B*Capital. Numericable est en effet considéré comme une cible potentielle pour des opérateurs tels que SFR ou Bouygues Telecom, même si ces derniers affirment avoir d’autres priorités.

En attendant, c’est le fondateur du groupe, via son fonds d’investissement Altice, qui devrait prendre le contrôle de l’entreprise. Patrick Drahi rachètera à Carlyle et Cinven une partie de leurs titres, portant sa participation à 30% contre 24% aujourd’hui.