C’est un nouveau coup d’éclat de Free. L’opérateur débarqué il y a à peine deux ans sur le marché de la téléphonie mobile a écrit une lettre à ses concurrents SFR et Bouygues Telecom afin qu’ils acceptent de partager avec lui leurs réseaux. Dans ce courrier publié par Les Echos, le directeur général de Free, Maxime Lombardini, demande à Bouygues et SFR « une proposition raisonnable d'accueil des fréquences de Free Mobile en 'Ran sharing' sur le réseau que vous envisagez de mutualiser ».

SFR et Bouygues discutent depuis plusieurs mois d’une gestion en commun d’une partie de leurs réseaux. Celle-ci doit permettre aux deux groupes de faire des économies sur un marché très disputé. Free, qui a conclu un accord d’itinérance avec Orange le temps d’étendre son propre réseau, voit d’un mauvais œil ce rapprochement. « Un accord entre deux des trois opérateurs de réseaux mobiles historiques qui ne prévoirait pas l’accueil du quatrième opérateur nous semblerait être un facteur de déstabilisation majeur. De plus, un tel accord pourrait être juridiquement critiquable », affirme Maxime Lombardini qui, pour appuyer sa demande, a envoyé des copies de ce courrier à l’Autorité de la concurrence et à l’Arcep, le gendarme des télécom. D’après Les Echos, Free « fait tout pour ne pas se retrouver pris en étau entre deux mastodontes, Orange d’un côté, SFR-Bouygues de l’autre ».

L’opérateur chercherait aussi à faire réagir Orange. Il souhaiterait notamment étendre son accord d'itinérance à la 4G (actuellement, seules de communications en 2G et 3G sont couvertes) mais aussi parvenir à un partage de réseaux avec l'opérateur historique, selon Les Echos. Mais pour l'heure, il s'est heurté à une fin de non-recevoir. Orange « a beaucoup moins intérêt que les autres de vouloir mutualiser (ses) réseaux. On a ce contrat d’itinérance avec Free pour encore deux ou trois ans. D’ici deux ou trois ans, on verra comment ça évolue», a indiqué aux Echos le patron d'Orange Stéphane Richard.  De son côté, SFR juge « prématurée » la demande de Free rappelant que l’accord avec Bouygues est « loin d’être abouti sur les plans technique et juridique ».

Vers 11h40, le titre d’Iliad (maison-mère de Free) gagne 0,4%, tout comme celui d’Orange. Vivendi (SFR) et Bouygues avancent de 0,3% et 0,2%, respectivement.