Les grandes manoeuvres reprennent dans le secteur télécom américain. Après le rachat de Verizon Wireless par Verizon Communications pour 130 milliards de dollars l’année dernière, une autre opération gigantesque se profile. Charter, le quatrième câblo-opérateur du pays, a proposé lundi 61 milliards de dollars en cash et en actions pour mettre la main sur son concurrent Time Warner Cable, deux fois plus gros que lui.

Ce montant placerait l’opération parmi les plus gros deals de l’histoire, juste derrière le rachat des laboratoires Wyeth par Pfizer en 2009 pour 64 milliards de dollars. Elle n’est cependant pas certaine d’aboutir. Time Warner Cable a en effet rejeté à plusieurs reprises l’année dernière les avances de Charter, et son directeur financier a répété la semaine dernière que l’entreprise n’était pas à vendre.

Ces refus sont une façon de faire monter les enchères, d’après les analystes qui jugent l’opération plutôt censée : elle permettrait aux deux groupes de se rapprocher du numéro un du secteur, Comcast, d’augmenter leur pouvoir de négociation face aux fournisseurs de contenus et d’affronter la concurrence de nouveaux acteurs comme Netflix et Hulu, des plateformes internet qui proposent un large choix de films et séries à la demande.

Charter offre aujourd’hui 132,50 dollars par action, soit trois dollars de moins que le cours de TWC au 31 décembre. Il faut dire que l'action a pris 30% en six mois en raison des rumeurs de rachat. La nouvelle offre de Charter est constituée aux deux-tiers en cash et un tiers d’actions. Les actionnaires de Time Warner détiendraient ainsi 45 % du nouvel ensemble, qui compterait 20 millions de clients dans 38 Etats américains.