Numericable/SFR ou Bouygues/Free… les spéculations sur une éventuelle consolidation du secteur télécom français vont bon train. D’après Les Echos, le câblo-opérateur Numéricable serait le premier à se lancer. Son actionnaire principal, Patrick Drahi, ne cache pas son intérêt pour SFR avec qui il envisage de créer un nouveau géant, capable de concurrencer Orange.

Numéricable est prêt à faire une nouvelle offre sur SFR dans les prochaines semaines, avant la mise en Bourse de ce dernier par sa maison mère Vivendi, affirme le journal. Pour l’instant, aucune offre n’a encore été déposée mais l’introduction en bourse de Numericable et, tout récemment, de son principal actionnaire Altice pourrait préparer une telle offensive.

Ce rapprochement pourrait en amener d’autres, toujours selon Les Echos. Certains analystes avancent l’hypothèse d’un mariage entre Bouygues Telecom et… Iliad, la maison-mère de Free. A l’image de Vivendi et SFR, Bouygues pourrait en effet décider de céder sa filiale de téléphonie. « Pour l’instant, Bouygues n’est pas encore vendeur. Mais il sera contraint à bouger dans les dix-huit mois », suggère une source du secteur citée par Les Echos. L’opérateur n’a pas réussi à percer dans la 4G et pourrait connaître une nouvelle baisse de ses revenus cette année.

Un rapprochement avec Free se heurte cependant à la rivalité entre Martin Bouygues et Xavier Niel, deux patrons au fort tempérament qui se livrent jusqu’à présent une guerre sans merci sur leurs différents marchés. Un autre obstacle réside dans l’accord de partage de réseaux récemment conclu entre Bouygues et SFR, qui semblent ainsi vouloir laisser le quatrième opérateur (Free) assumer seul le coût de développement de son propre réseau. D’un point de vue réglementaire, « la consolidation n’est plus un gros mot chez les régulateurs et au sein de l’exécutif » affirme cependant Les Echos. Le gouvernement redouterait davantage les conséquences de la faillite d’un opérateur que celles d’un rapprochement.

Pour Cédric Chaboud, président de SPGP, les autorités françaises pourraient laisser le secteur se consolider autour de trois acteurs comme en Allemagne (voir son interview).