Le secteur télécom est en effervescence après que Bouygues a dévoilé une offre de rachat de SFR à 14,5 milliards d’euros, dont 10,5 milliards en cash. Alors que les deux groupes viennent de conclure un accord de mutualisation de leurs réseaux, Bouygues souhaite aller plus loin, profitant de la mise en vente de SFR par Vivendi. Ce dernier n’a pas caché sa volonté de faire monter les enchères et avait fixé un ultimatum aux repreneurs potentiels, qui expirait hier soir.

Deux offres ont été déposées. Celle de Bouygues et celle de Numericable dont les détails n'ont pas été rendus publics mais qui, selon des sources, proposerait à Vivendi 11 milliards d’euros en cash et une participation de 32%  dans le nouvel ensemble. Bouygues lui, propose à Vivendi un montant de 10,5 milliards d’euros en numéraire et 46% du capital. Le groupe de BTP serait l’actionnaire majoritaire du nouvel ensemble (49%) tandis que JCDecaux détiendrait 5% (contre une participation de 9,5% actuellement dans Bouygues telecom). L'offre valorise SFR à 14,5 milliards d'euros « pré-synergies ». En prenant en compte « l'intégralité des synergies » réalisées dans le cadre du nouvel ensemble, « les termes de l'offre valorisent SFR à près de 19 milliards d'euros », précise Bouygues dans un communiqué.

Orange ne s’y oppose pas

Elle vise à créer un nouvel acteur majeur du numérique en France, leader sur le mobile et numéro deux dans le fixe, a résumé le directeur financier du groupe, Philippe Marien, lors d'une conférence téléphonique. Bouygues/SFR pointerait à la septième place parmi les opérateurs européens. Il serait mis en bourse « le plus tôt possible, dès la réalisation de la fusion ».

Quel que soit le choix de Vivendi, la cession de SFR va rebattre les cartes dans le secteur. Interrogé sur un rapprochement entre Numericable et SFR, le patron d’Orange, Stéphane Richard, a estimé jeudi qu’il s’agirait d’« une opération classique de convergence fixe-mobile comme on en voit un peu partout en Europe ». En revanche, « l'autre opération (Bouygues/SFR, ndlr) a une portée plus disruptive car elle aurait pour conséquence de passer de 4 à 3 opérateurs (sur le marché du mobile). En tout état de cause, on peut parfaitement plaider pour un bon équilibre concurrentiel avec trois opérateurs et il n'y a aucun dogme à avoir là-dessus », a-t-il affirmé.

Vers 16h20, le titre d’Orange bondit de 10% dans la foulée de bons résultats annuels tandis que Bouygues prend 4,7%. Iliad, la maison-mère de Free, s’adjuge 7,8%. Free pourrait cependant pâtir d’un rapprochement entre Bouygues et SFR.