Les annonces fracassantes s’enchaînent dans le secteur télécom, en pleine effeverscence depuis la mise en vente de SFR par le groupe Vivendi. Ce week-end, Bouygues Telecom a annoncé l’ouverture de discussions exclusives avec Free pour lui vendre son réseau de téléphonie mobile. « Cela représente 15 000 antennes et un portefeuille de fréquences, dont une partie pour la 4G », a déclaré au JDD Olivier Roussat, le patron de Bouygues Telecom. Le prix de l’opération pourrait aller jusqu’à 1,8 milliard d’euros. Cette cession est destinée à faciliter le rapprochement entre Bouygues Telecom et SFR. « Cette solution clé en mains devrait faciliter le mariage avec SFR et rassurer Vivendi. La cession de notre réseau à Free se traduira par des centaines de millions d'euros de coûts en moins par an pour le nouvel ensemble (Bouygues/SFR)», a expliqué Olivier Roussat.

Tout dépend donc de l’issue des discussions entre Vivendi et Bouygues qui portent essentiellement sur le prix de rachat de SFR. L’offre dévoilée par Bouygues la semaine dernière valorise l’opérateur à 14,5 milliards d’euros contre environ 15 milliards pour l’offre concurrente de Numericable. Mais ce dernier n’a pas encore dit comment il comptait financer ce rachat. Il semble aujourd'hui dépassé par l'initiative de Bouygues.

Le gouvernement fait monter les enchères

Par ailleurs le gouvernement a soutenu ce week-end le retour à trois opérateurs de téléphonie mobile au lieu de quatre actuellement. « La concurrence par la destruction s'arrêtera si nous revenons à trois opérateurs mobiles tout en maintenant des prix bas », a expliqué au Parisien Dimanche Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif. Il souhaite d’ailleurs « faire monter les enchères » sur SFR.

Reste qu’une fusion entre Bouygues Telecom et SFR créerait un mastodonte, numéro un dans la téléphonie mobile avec 32 millions de clients, juste devant Orange (27 millions). Pour certains observateurs il s'agirait d'un véritable duopole, Free n'ayant "que" 8 millions d'abonnés. Mais en mettant la main sur le réseau de Bouygues, Free économiserait de lourds investissements et pourrait poursuivre sa conquête d'abonnés. En deux ans, le groupe s'est taillé une part de 12% du marché français de la téléphonie mobile grâce à une politique « low cost » qui a obligé tous ses concurrents à s’aligner.

La réaction de la bourse ce lundi est à la mesure des bouleversements en cours dans le secteur. Vers 11h20, le titre Iliad bondit de 12,7% tandis que Numericable chute de 15%. Bouygues s’adjuge 9,3%, Orange 3,3% et Vivendi 1,7%.