Numericable ne veut pas surenchérir sur Bouygues Telecom dans la course au rachat de SFR. Dans un communiqué publié mardi Altice, la maison-mère du câblo-opérateur, indique qu’elle maintient son offre de 10,9 milliards d’euros en cash plus une participation de 32% de Vivendi dans le groupe qui naîtrait de cette fusion. « Nous sommes convaincus que cette offre est la plus attractive pour Vivendi et pour le marché français des télécommunications. Le rapprochement de SFR et de Numericable est le seul véritable projet permettant d'accélérer le développement de la fibre et du très haut débit sur l'ensemble du territoire », souligne l’entreprise de Patrick Drahi.

Numericable lorgne depuis deux ans la filiale télécoms de Vivendi, mais elle fait face à un adversaire de poids, le groupe Bouygues, désireux de marier SFR à sa filiale Bouygues Telecom contre 10,5 milliards d'euros et 46 % du capital du futur groupe à Vivendi. Les deux offres valorisent SFR à environ 15 milliards d’euros. Le mode de financement pourrait s’avérer déterminant avec, pour Bouygues comme pour Numericable, un recours massif à l’emprunt. Bouygues a ainsi obtenu une garantie de financement de 10,5 milliards d’euros auprès de la banque HSBC tandis que Numericable fait appel à un « pool » d’une dizaine de banques internationales à hauteur de 15 milliards, selon Le Monde. Certains analystes craignent qu’un groupe issu de la fusion entre Numericable et SFR soit plombé par cette dette, d’autant plus que la maison-mère de Numericable, Altice, est elle-même lourdement endettée.

On comprend pourquoi Altice n’a pas relevé son offre dans ces conditions. « Cette offre est valable jusqu'au vendredi 14 mars 2014 », précise-t-elle, lançant ainsi un ultimatum aux dirigeants de Vivendi. Pas sûr que ces derniers apprécient. Le marché semble, lui, avoir déjà choisi son camp.  Le titre Numericable poursuit sa chute ce mardi, cédant 3,5% sur un marché en baisse de 0,3% à la mi-journée. Il a lâché 20% depuis le 5 mars, date de dépôt de l’offre de Bouygues sur SFR.