Bouygues ne s’avoue pas vaincu. Le groupe de BTP et de télécommunications a remis jeudi soir une nouvelle offre à Vivendi bien que ce dernier négocie actuellement la vente de SFR à Numericable. « Convaincu de la force industrielle de son projet de fusion entre Bouygues Telecom et SFR et de sa capacité à créer de la valeur dans la durée, Bouygues a remis à Vivendi le jeudi 20 mars une offre substantiellement améliorée dans sa composante en numéraire », indique le groupe dans un communiqué. Il propose un prix de 13,15 milliards d'euros, en hausse de 1,85 milliard par rapport à sa précédente offre, auxquels s’ajoutent 21,5% du capital du futur groupe Bouygues Telecom/SFR.

Cette nouvelle proposition est « supérieure de 1,4 milliard d'euros dans sa composante en numéraire à l’option concurrente actuellement en cours de négociation chez Vivendi », souligne Bouygues. Numericable propose en effet 11,75 milliards d’euros en cash et 32% du nouvel ensemble.
Vivendi, dont l’objectif affiché est de maximiser le retour à ses actionnaires, ne devrait pas rester insensible à l’effort pécuniaire de Bouygues. Cela risque en tout cas de peser dans les négociations en cours avec Altice. Dans un communiqué publié ce jeudi, le groupe prend acte de cette nouvelle offre tout en rappelant qu’il est en négociations exclusives avec Altice « pour une période de trois semaines ».

Pinault et JCDecaux en renfort de Martin Bouygues 

Bouygues explique de son côté qu’il « fédère autour de son projet des actionnaires industriels et financiers de long terme qui partagent le sens de l'entrepreneuriat familial. La Caisse des Dépôts et Consignations, par ailleurs déjà actionnaire du groupe Bouygues, la famille Pinault, et JCDecaux Holding saisissent ainsi l’opportunité de cette nouvelle offre pour rentrer ou se renforcer au capital du nouvel ensemble, ce qui contribue à améliorer fortement la partie en numéraire de l'offre proposée à Vivendi ». D’après Les Echos Artémis, la holding de François Pinault, a promis d’investir 150 millions d'euros, la holding de JCDecaux 100 millions. Quant à la Caisse des dépôts, elle mettrait 300 millions d’euros pour une participation de 3 ou 3,5 % dans le nouvel ensemble. L’intervention du bras armé de l’Etat dans ce dossier confirme le soutien actif du gouvernement à un rapprochement entre Bouygues et SFR, jugé plus sûr sur le plan financier qu’un rachat du deuxième opérateur français par Numericable. Pour parvenir à améliorer son offre en cash, Bouygues a également réduit la composante actions puisqu’il ne propose plus qu’une participation de 21,5% à Vivendi contre 43% initialement. Cela ne devrait pas gêner outre mesure Vivendi qui prévoit de se défaire de ses titres rapidement lors de l’introduction en bourse du nouvel opérateur.

Vers 15h05, le titre Vivendi recule de 1,1% tandis que Bouygues lâche 1%. Numericable, lui, prend 0,5%.