Après avoir perdu la bataille pour le rachat de SFR, Bouygues Telecom doit envisager une fusion avec un autre opérateur. C’est, selon le ministre du Redressement productif, le meilleur moyen de sauver des emplois dans un secteur où la guerre des prix fait rage.

« Il est assez incroyable que dans un secteur en croissance nous ayons des plans sociaux. Nous sommes maintenus à quatre opérateurs qui se font une concurrence de plus en plus dure au détriment de l'emploi », a déclaré Arnaud Montebourg hier lors d’un déplacement en Haute-Savoie. « Le gouvernement se bat depuis deux ans pour obtenir la consolidation du secteur et le renforcement des entreprises. Il est parfaitement possible aujourd'hui à deux opérateurs de fusionner et M. Bouygues est parfaitement en mesure d'imaginer des solutions avec d'autres que SFR. Je l'y invite, il le sait, je le lui ai dit », a-t-il ajouté.

Le rapprochement de Numericable et SFR va créer un nouveau poids lourd des télécoms en France, dont le nombre de clients s’approchera de celui d’Orange. Les deux autres opérateurs principaux, Bouygues et Free, sont plus modestes mais Free affiche une forte croissance dans le mobile tandis que Bouygues est en perte de vitesse. En deux ans, la filiale télécoms du groupe de Martin Bouygues a perdu 200 000 clients malgré une politique tarifaire parmi les plus agressives du marché. Bouygues Telecom souffre de sa faible présence dans l’internet fixe, où les marges sont plus confortables.

Après l’échec du rachat de SFR, l’entreprise pourrait supprimer jusqu’à 2000 postes soit un quart de ses effectifs, d’après des informations du Figaro confirmées par les syndicats. Une perspective inacceptable pour le gouvernement qui semble bien décidé à favoriser un rapprochement avec Free, malgré la rivalité historique entre les dirigeants des deux groupes. Mais plus le temps passe, plus ce rapprochement risque de se faire en défaveur de Bouygues.