Malgré les avertissements du gouvernement, Netflix débarque en France. Le service de vidéo par internet a annoncé son arrivée dans l’Hexagone « fin 2014 » dans le cadre d'une expansion de grande ampleur en Europe où il va se lancer dans 6 nouveaux pays au total. Son offre d’abonnement mensuel "à moins de 10 euros" selon le Figaro donnera accès à un important catalogue de films et séries, dont certaines sont des productions originales. « Dès le lancement, les utilisateurs d'internet à haut débit dans ces pays pourront s'abonner à Netflix et regarder instantanément une vaste sélection de séries télévisées et de films hollywoodiens, locaux et mondiaux, y compris des séries originales de Netflix acclamées par la critique, où et quand ils voudront, sur des téléviseurs, des tablettes, des téléphones, des consoles de jeux et des ordinateurs », a promis le groupe américain.

En échange d'un abonnement mensuel, Netflix permet aux internautes de regarder en "streaming" (flux sans téléchargement) autant de films et séries qu’ils le souhaitent. Ce nouveau mode de consommation de la télévision reste pour l’heure marginal en France néanmoins il a décollé l'an dernier, avec un chiffre d'affaires de 28 millions d'euros, contre moins d'1 million l'année précédente, selon les cabinets NPA Conseil et GFK. Les principaux services français de la vidéo par abonnement sont CanalPlay (de Canal+) et OCS (groupe Orange). Netflix risque de tirer les prix de ce marché vers le bas. En outre, les chaînes « traditionnelles » pourraient perdre une partie de leur audience, et donc de leurs recettes publicitaires.

Dans une lettre adressée à la ministre de la culture en février, les patrons de TF1, Canal+ et M6 avaient ainsi alerté sur les « bouleversements provoqués par l'arrivée, dans le secteur de la télévision, de nouveaux acteurs » issus d'internet et des nouvelles technologies. « Ce n'est pas une crise économique que traversent TF1, Canal+ et M6, mais une mutation industrielle accélérée (...) menaçant à terme leur pérennité », estimaient Nonce Paolini, Bertrand Méheut et Nicolas de Tavernost. Ils s'inquiètent de la concurrence de ce nouvel acteur, au siège probablement basé hors de France et qui risque de ne contribuer ni à l'impôt ni au financement du cinéma. Conscient de ce risque, le gouvernement a indiqué à plusieurs reprises que Netflix devrait se conformer aux mêmes obligations de financement et de quotas d'oeuvres françaises que les chaînes de télévision et les services existants de médias audiovisuels à la demande. Cela n’a semble-t-il pas découragé le groupe américain.