Bouygues Telecom s’apprête à annoncer un plan massif de suppressions de postes suite à l’échec de sa tentative de rachat de SFR et après avoir creusé ses pertes au premier trimestre. « Nous sommes confrontés à un problème de taille critique. Pour faire face à nos coûts fixes, c'est-à-dire à l'extension du réseau, il nous faut plus de clients, d'où notre offre de rachat de SFR, qui a échoué. Les résultats en matière de 4G n'ont pas été à la hauteur de nos espérances, l'un de nos concurrents ayant décidé en décembre dernier de galvauder la 4G en proposant un abonnement à 20 euros » a déclaré son PDG Olivier Roussat lors d’une audition qui a eu lieu mercredi au Sénat.

L’entreprise est aujourd'hui « exsangue » après avoir essuyé une perte opérationnelle de 19 millions d'euros au premier trimestre. « Nous avons donc décidé de nous organiser par nous-mêmes pour survivre avec moins de revenus, en réduisant sensiblement la taille de l'entreprise, ce qui aura donc des conséquences sur l'emploi, hélas », a averti le PDG.  Le plan d’économies mis en place en 2012, qui a permis au groupe de réduire ses coûts de 600 millions d’euros, sera considérablement renforcé. « Notre objectif est d'économiser un milliard par an d'ici trois ans : c'est énorme, pour un chiffre d'affaires de 4 milliards », a poursuivi M. Roussat. Cela passera par un plan social qui pourrait porter sur au moins 1000 emplois, selon les syndicats. Il s’ajoutera au plan de départs volontaires de 550 personnes mis en place à l’été 2012. Le chiffre exact sera annoncé mercredi lors d’un comité central d’entreprise extraordinaire mais le coup s’annonce très dur pour les salariés.

Des discussions "très préliminaires" avec Orange

Toujours selon M. Roussat, « le secteur des télécoms ne va pas bien, et même, reconnaissons-le, il va mal. Aujourd'hui même, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a publié son observatoire 2013 de l'investissement et de l'emploi selon lequel 4 000 emplois directs ont été perdus entre 2012 et 2013 ». La faute, selon lui, à un seul opérateur, Free, qui devance désormais Bouygues en nombre d'abonnés. 

Bouygues Telecom a toujours protesté contre les conditions d’entrée de Free sur le marché de la téléphonie mobile, notamment son accès au réseau d’Orange qui le dispense d’investir dans son propre réseau et lui permet d’afficher des tarifs défiant toute concurrence. « Dans cette situation totalement ubuesque, nous nous ne pouvons plus guère espérer une intervention des pouvoirs publics », a estimé M. Roussat. Quant à un sauvetage de Bouygues Telecom par Orange, évoqué par la presse, il n'apparaît pas à l’ordre du jour. « Tout ce que je peux vous dire, c'est que, pour l'instant, elles sont très préliminaires. Nous ne voulons dépendre de personne pour restaurer notre rentabilité et pouvoir réaliser les investissements dont nous avons besoin ».