Changement de patron chez Vivendi. L’homme d’affaires et industriel Vincent Bolloré a été nommé mardi à la présidence du groupe de médias en remplacement de Jean-René Fourtou, qui a occupé le fauteuil pendant quatorze ans. M. Bolloré est accompagné d’un nouveau directeur général, Arnaud de Puyfontaine, qui remplace Jean-François Dubos. D’autres nominations ont été annoncées au conseil de surveillance ainsi qu’au directoire: une nouvelle ère s’ouvre pour l’ex Vivendi Universal.

Devenu le premier actionnaire de Vivendi en 2012 à l'occasion de la vente de ses chaînes D8 et D17 au groupe Canal+, Vincent Bolloré a été l’un des artisans du recentrage du groupe sur les médias et les « contenus » (films, musique, etc). Il entend poursuivre cette stratégie. « La stratégie a été fixée clairement. Il s'agit de transformer cette société qui était une holding financière en un groupe industriel intégré dans les contenus », a-t-il lancé devant les actionnaires.

Des convergences peuvent être trouvées entre Canal+, Universal Music et l’opérateur brésilien GVT, les trois filiales du groupe, a-t-il ajouté, bien que les analystes restent sceptiques à ce sujet. M. Bolloré n’a pas indiqué comment il comptait faire face à la menace des géants américains de l’internet (Amazon, Apple, Netflix…) qui montent en puissance sur le marché de la production de contenus et proposent de nouveaux modes de diffusion.

Il a en revanche promis de rester « modeste » dans sa rémunération, qui devrait être fixée à 400 000 euros sous condition de performance, quand Jean-René Fourtou recevait, lui, 700 000 euros. Une rémunération à laquelle il faudra bien sûr ajouter de confortables dividendes, sachant que Vivendi a prévu de rendre à ses actionnaires près de 5 milliards d'euros en 2014 et en 2015 suite à la vente de SFR.