Un rachat de Bouygues Telecom par Orange n’est plus d’actualité. L’ex France Telecom l’a fait savoir mercredi par un communiqué très bref mais sans équivoque. « Orange a exploré les possibilités de participer à une opération de consolidation du marché français des télécoms, et juge que les conditions que le Groupe avait fixées ne sont pas réunies aujourd’hui pour y donner suite ».

La sanction boursière ne se fait pas attendre pour les deux groupes. Vers 09h40, Orange lâche 2,8% et Bouygues 3,6%. De son côté, Iliad, la maison-mère de Free, abandonne 4,8%. L’opérateur aurait eu tout à gagner d’un rapprochement entre ses deux concurrents car il aurait ainsi pu mettre la main sur le réseau mobile de Bouygues Telecom.

Des discussions ont bien eu lieu entre ces trois acteurs, poussées par le gouvernement qui souhaite revenir à un marché de trois opérateurs au lieu de quatre. Mais les « conditions » d’un accord étaient difficiles à réunir dans un contexte de concurrence exacerbée depuis deux ans et l’arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile.

Bouygues Telecom, bien qu’en difficulté, n’est pas prêt à se brader et répète à qui veut l’entendre qu’il peut s’en sortir tout seul. «Notre projet c'est de faire un Bouygues Telecom qui vit durablement à quatre (opérateurs, ndlr). Au présent, c'est le projet de Bouygues Telecom, je n'en ai pas d'autre», avait déclaré son PDG, Olivier Roussat, début juin.

Pour s'en sortir le groupe prévoit plus de 1500 suppressions de postes, soit 17% de ses effectifs, et vient de relancer la guerre des prix dans le fixe. Or pour de nombreux analystes ce n’est que reculer pour mieux sauter. Bouygues Telecom devra envisager tôt ou tard un rapprochement avec l’un de ses concurrents s’il veut pouvoir jouer dans la même cour que le nouvel ensemble Numericable-SFR.