Le groupe Bolloré a dévoilé vendredi une offre publique d'échange sur Havas, dont il détient déjà 36%, afin de renforcer sa mainmise sur le sixième groupe publicitaire mondial. Il vise « une majorité significative du capital tout en maintenant la société Havas cotée, avec un niveau de flottant suffisant pour assurer la liquidité du titre. »

La parité prévue pour l'OPE est de neuf actions Bolloré pour cinq titres Havas soit une prime de 19,5% sur la base des derniers cours avant leur suspension vendredi après-midi. Les deux titres ont repris leur cotation lundi avec des évolutions diamétralement opposées. Vers 11h55 Havas s’adjuge 5,4% tandis que Bolloré plonge de 8,3%.

Le PDG d'Havas, qui n'est autre que Yannick Bolloré, le fils de Vincent Bolloré, a dit soutenir "à titre personnel" l'offre du groupe familial. Pourtant plusieurs analystes jugent cette opération peu attractive pour les actionnaires d’Havas. « L'OPE sur Havas recèle plus d'une opération financière attractive pour le groupe Bolloré (pas de cash versé et prime de seulement 19,5%) que d'un rapprochement stratégique entre deux groupes qui ont des activités très différentes et des synergies quasi inexistantes », commente dans une note Gilbert Dupont, qui ne conseille pas d'apporter les titres Havas à l'offre.

Pour Société Générale une offre en numéraire serait « certainement plus convaincante ». Cependant l'OPE de Bolloré pourrait amener d’autres candidats au rachat à se manifester. Le secteur de la communication est en effet en pleine consolidation et un groupe de la taille d’Havas fait figure de proie potentielle. Le titre pourrait ainsi profiter d'un regain d'intérêt spéculatif.