Alors qu’il vient tout juste d’obtenir le feu vert des autorités françaises pour marier sa filiale Numericable à SFR, Altice songe déjà à sa prochaine conquête. Le groupe fondé par le milliardaire Patrick Draghi a déposé lundi une offre de rachat de 7,025 milliards d’euros sur Portugal Telecom. Cette offre porte uniquement sur les activités portugaises de l'opérateur, par ailleurs implanté en Afrique et au Brésil.

Une source proche du dossier avait déclaré début octobre à Reuters qu'Altice négociait  la reprise des activités portugaises de PT. Ce dernier a perdu 60% de sa valeur en bourse depuis le début de l’année est n'est plus valorisé qu'à 1,4 milliard de dollars. Il avait conclu en décembre dernier un accord de rapprochement avec l’opérateur brésilien Oi mais le projet s'est heurté à de multiples difficultés, parmi lesquelles figure l'investissement de PT dans la dette de Rio Forte, l'une des holdings de l'empire financier déchu Espirito Santo. Altice précise qu’il ne compte pas reprendre ces titres de dette.

Patrick Drahi pourrait en revanche renforcer Portugal Telecom sur son marché domestique en lui mariant ses deux opérateurs locaux, Cabovisao et Oni, et transposer ainsi au Portugal le modèle de la fusion SFR-Numericable. Altice précise que son offre est « intégralement financée ». D’après Le Monde, le groupe a réuni un syndicat de cinq banques pour financer ce projet (JPMorgan, Morgan Stanley, Deutsche Bank, Goldman Sachs et Crédit Suisse).

D'autres opérateurs pourraient être intéressés par un rachat de Portugal Telecom parmi lesquels l'espagnol Telefonica et le britannique Vodafone. S'il peut faire valoir son expérience du marché portugais, Altice prend le risque de se disperser et d'alourdir sa dette, déjà importante suite au rachat de SFR. Le groupe s’est notamment engagé à souscrire à hauteur de 75% à l’augmentation de capital de 4,7 milliards d’euros lancée la semaine dernière par Numericable et destinée à boucler ce rachat.