Six mois après l’échec retentissant de sa fusion avec le numéro deux mondial du secteur, Omnicom, le groupe publicitaire français Publicis a enfin trouvé chaussure à son pied. Il a annoncé lundi le rachat de l’américain Sapient pour 3,7 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros). Cette opération va lui permettre d’augmenter la part de ses revenus tirés du numérique, qui dépassera 50%, et de trouver de nouveaux « relais de croisance ».

« Sapient est ‘un joyau’, une entreprise unique en son genre, née de la technologie, avec des compétences affirmées dans la communication, le marketing, le commerce omnicanal ainsi que le consulting. Ces expertises sont essentielles pour aider nos clients à faire face à la transformation numérique », a commenté dans un communiqué le PDG de Publicis, Maurice Lévy.
Le groupe propose 25 dollars par action Sapient soit une prime de 44% sur le cours de clôture de vendredi. L’opération a été approuvée à l’unanimité par le Directoire et le Conseil de Surveillance de Publicis ainsi que par le Board de Sapient, qui recommande à ses actionnaires d’apporter leurs titres à l’offre publique d’achat.

Le rachat d'actions attendra

Basée à Boston, Sapient est l’une des dernières grandes agences de communication indépendantes avec une forte présence aux Etats-Unis, en Europe et surtout en Inde où elle emploie 8500 personnes (sur un total de 13 000). Au cours des douze mois à fin juin, le groupe a réalisé un chiffre d’1,3 milliard de dollars pour un bénéfice de 85,9 millions (68,8 millions d'euros). Entre 2010 et 2013, ses revenus ont progressé de 15% en moyenne chaque année. « C'est un bon actif, stratégiquement intéressant, mais le prix est élevé et le calendrier en matière de retours aux actionnaires pourrait être différé de deux ans », estiment les analystes d'Exane BNP Paribas.

Publicis a en effet cassé sa tirelire pour ce rachat qui va mobiliser une partie de sa trésorerie. « C'est bien mieux d'investir et de dégager une plus forte croissance et des profits plus élevés pour nos actionnaires (..) plutôt que de simplement racheter nos actions », a rétorqué Maurice Lévy lors d’une conférence téléphonique avec des analystes. Publicis a en effet besoin de retrouver rapidement de la croissance. Les revenus du groupe n’ont progressé que de 1,6% depuis le début de l’année, loin de son objectif de 4%.

Vers 16h20 le titre cède 2% sur un marché parisien en baisse de 1%.