Altice n’est pas rassasié. La holding luxembourgeoise de Patrick Drahi se verrait bien ajouter à l’ensemble Numericable-SFR le réseau et les clients de Bouygues Telecom. « Nous nous considérons comme les acheteurs naturels (de Bouygues Telecom). Nous avons une importante base de revenus donc il y aurait un important potentiel de synergies », a déclaré le directeur général d’Altice, Dexter Goei, lors d’un rassemblement du secteur télécom à Barcelone.

Le rachat de SFR par Numericable (13,5 milliards d’euros) sera finalisé le jeudi 27 novembre. « Si vendredi, nous recevons un coup de téléphone de Bouygues, alors pourquoi pas ? Nous aurons cette discussion. Je serais surpris s'il n'y avait pas d'effort en 2015 pour que la consolidation en France se fasse », a ajouté M. Goei.
Un porte-parole de Bouygues joint par Reuters a indiqué que le groupe était « attentif » aux évolutions de marché mais souhaitait rester indépendant..

Si de nombreux analystes jugent probable une nouvelle consolidation du secteur télécom en France, ils misent davantage sur une fusion entre les numéros trois et quatre (Iliad et Bouygues) qu’entre le nouveau mastodonte Numericable-SFR et Bouygues. Un tel rapprochement poserait des problèmes de concurrence, soulignent-ils, et Numericable devrait céder beaucoup d'actifs de Bouygues Telecom.

Altice n’a avancé aucun prix pour une offre éventuelle sur Bouygues Telecom mais les analystes estiment la valeur de la société entre 4,5 et 5 milliards d’euros. Un montant qui ne nécessiterait pas d’augmentation de capital, selon Dexter Goei, mais qui alourdirait une dette déjà très élevée. En agrégeant sa dette et celles de ses filiales, Altice affiche un endettement de 18,2 milliards d’euros soit 4,5 fois son résultat brut d’exploitation (Ebitda). Mieux vaut de ce cas de figure tenir ses promesses de synergies.