Le groupe de télécommunications Altice, qui vient de boucler la fusion Numericable-SFR pour 13,4 milliards d’euros, a annoncé dimanche soir être entré en négociations exclusives avec l'opérateur brésilien Oi pour le rachat de Portugal Telecom. Ce dernier emploie près de 11000 personnes et détient entre 40% et 50% des parts des marchés de la téléphonie mobile, du haut débit et de la télévision au Portugal.

L’offre de 7,4 milliards d’euros mise sur la table par Altice l’a emporté sur celles des fonds d'investissement Apax et Bain Capital (7,075 milliards) et de la fille aînée du président angolais, Isabel dos Santos (1,2 milliard). Si les négociations aboutissent il s’agira de la troisième acquisition d'importance pour Altice, après SFR (finalisée jeudi dernier) et Virgin Mobile, pour le rachat duquel le groupe a obtenu le feu vert de l'Autorité de la concurrence.

Malgré un niveau d’endettement élevé (18 milliards d’euros, en comptant les filiales), Altice n’a eu aucun mal à trouver des financements pour son offensive sur Portugal Telecom. Cinq banques participent à l’opération : Morgan Stanley, Goldman Sachs, J.PMorgan, Crédit Suisse et Deutsche Bank.

Le groupe, qui possède déjà deux opérateurs portugais (Cabovisao et Oni), sera le premier opérateur portugais en cas de rachat de PT. Il a déjà passé un accord avec le groupe postal CTT pour « développer des synergies »  tout en affirmant vouloir créer 4000 postes.

Cette opération pourrait avoir des répercussions sur le marché français où Altice s’est montré intéressé par un rachat de Bouygues Telecom. La plupart des analystes estime que le groupe va devoir d’abord digérer ces trois rachats d’envergure avant de se lancer dans une nouvelle conquête.

Vers 10h15 le titre Altice bondit de 5% à Amsterdam tandis que Numericable cède 1,2% en ligne avec le reste du marché parisien.