Mauvaise surprise pour Orange. La Commission européenne a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête approfondie sur l’offre de rachat de 3,4 milliards d’euros déposée mi-septembre par l’opérateur français sur son concurrent espagnol Jazztel.

Cette offre amicale avait été bien accueillie par les principaux actionnaires de Jazztel avec lequel Orange a noué des partenariats (Jazztel est locataire des réseaux d'Orange dans le mobile). Mais elle risque de réduire la concurrence sur le marché espagnol, estime la Commission. « La disparition de Jazztel en tant que force concurrentielle importante pourrait entraîner des hausses de prix de ces services pour les clients en Espagne », peut-on lire dans un communiqué.
La Commission craint notamment une diminution de concurrence dans les services d'accès à l'internet fixe ainsi que dans les offres ‘multiple play’ fixes et mobiles. Même si, souligne-t-elle, le nouveau groupe ne se retrouverait pas dans une position dominante. Orange verrait sa part de marché passer de 25% à 28% sur le mobile et de 16% à 28% sur le fixe, ce qui lui permettrait de se hisser à la deuxième place du marché espagnol derrière Telefonica et devant Vodafone.

Cet examen approfondi ne préjuge pas de l'issue de la procédure, précise la Commission qui dispose à présent d'un délai de 90 jours ouvrables, soit jusqu'au 24 avril 2015, pour arrêter une décision. Orange de son côté s’est dit « confiant » dans l’issue favorable de cette enquête. « Cette nouvelle phase de procédure est d'ores et déjà intégrée dans le calendrier de l'opération, avec un objectif de closing qui demeure courant du premier semestre 2015 », a précisé le groupe dans un communiqué.

Vers 15h05 le titre s’adjuge 1,5% et signe la plus forte hausse du CAC 40 sur un marché en net repli après la BCE.