Altice poursuit son ascension sur le marché européen des télécoms. Le groupe brésilien Oi a annoncé dans la nuit de lundi à mardi la cession de sa filiale Portugal Telecom à la holding luxembourgeoise, pour 7,4 milliards d’euros. « A la suite de l'approbation de l'opération, Oi vend à Altice la totalité des actions de PT pour la valeur de 7,4 milliards d'euros », a indiqué Oi à l'organisme de régulation du marché brésilien. Il a ajouté qu'il recevrait 500 millions d'euros supplémentaires liés aux revenus futurs de PT. Les actifs internationaux de PT (Africatel, Timor Telecom, …) restent la propriété d’Oi.

Soutenu par un syndicat de cinq banques - JPMorgan, Morgan Stanley, Deutsche Bank, Goldman Sachs et Credit Suisse- Altice l’a emporté face aux fonds d’investissement Apax Partners et Bain Capital. Il a cependant dû relever son offre initiale - 7,025 milliards d’euros en cash et 400 millions liés aux revenus futurs.

Ce rachat consolide un peu plus l’empire de Patrick Drahi, le patron d’Altice, après les acquisitions de SFR (marié à Numericable) et de Virgin Mobile en France. Portugal Telecom détient entre 40% et 50% des parts des marchés de la téléphonie mobile et du haut débit ainsi que de la télévision au Portugal. Altice compte faire jouer les synergies avec ses deux filiales locales, Cabovisao et Oni, mais a promis de poursuivre le déploiement du réseau de fibre optique, déjà bien avancé, et compte créer 4000 emplois dans le cadre de ce rachat. Quitte à alourdir un peu plus sa dette, qui atteint avant ce rachat 18 milliards d’euros (en comptant les filiales) soit 4,5 fois l’Ebitda. Cette stratégie d’acquisitions avec un fort effet de levier semble plaire au marché : depuis le début de l’année, le titre a plus que doublé. Vers 11h mardi, il cède 0,4% sur un marché parisien en repli de 1,1%.