Bien qu’il se considère en « bien meilleure position » qu’il y a cinq ans lors du lancement du plan ‘Conquêtes 2015’, Orange sait que la croissance est désormais beaucoup plus difficile à atteindre, sur un marché des télécom très concurrentiel depuis l’arrivée de Free en 2012.

L’opérateur historique a dévoilé mardi son plan stratégique Essentiels 2020 ainsi que des perspectives financières à moyen terme. Le résultat brut d’exploitation (Ebitda) devrait toucher un « point bas » en 2015, à environ 12 milliards d’euros, avant de remonter très légèrement. L’objectif fixé par le groupe est celui d’un Ebitda 2018 supérieur aux 12,2 milliards dégagés en 2014. Même chose pour le chiffre d’affaires, censé se hisser au-dessus des 39,4 milliards de l’année dernière, sans objectif chiffré.

Les investisseurs se montrent peu enthousiastes à la suite de ces prévisions. Vers 11h le titre d’Orange cède 1% sur un marché en baisse de 0,2%.

Orange indique par ailleurs qu’il poursuivra son désendettement avec une dette nette d’environ deux fois l’Ebitda à moyen terme, contre un ratio de 2,1 fois fin 2014. Enfin le groupe promet de maintenir un dividende d’au moins 0,60 euro sur la période 2015-2018, « sans exclure une croissance selon l’évolution de l’EBITDA retraité ». Pour mémoire, le dividende d’Orange est passé de 1,40 euro en 2011, avant l’arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile, à 0,80 euro en 2012 et 2013 puis 0,60 euro en 2014.

Lors de la présentation des résultats annuels du groupe il y a un mois, le PDG d’Orange Stéphane Richard s’était dit « confiant à moyen terme sur la hausse de l'Ebitda et donc du dividende ». Il en veut pour preuve la « forte dynamique commerciale » enregistrée par le groupe sur l'année écoulée. Mais la dynamique est également du côté de Free qui a dépassé en 2014 les 10 millions d'abonnés mobile et vise à terme une part de marché de 25% (contre 15% en 2014). Face à cette ambition, Orange mise sur une consolidation du marché télécom avec un retour à trois opérateurs et un apaisement de la guerre des prix. Les discussions à ce sujet entre Free, Bouygues et Numericable-SFR n'ont pas beaucoup avancé depuis un an.