Cette fois c’est plus qu’une rumeur. Nokia aura attendu le redressement d’Alcatel-Lucent –ce dernier a réduit sa perte à 118 millions d’euros en 2014 contre 1,3 milliard en 2013- pour lancer des discussions avec le groupe français. « Nokia et Alcatel-Lucent confirment être en discussions avancées concernant une éventuelle fusion complète, qui prendrait la forme d'une offre publique d'achat de Nokia sur Alcatel-Lucent », ont indiqué les deux groupes mardi dans un communiqué précisant qu’il n’y « pas de certitude à ce stade » que ces négociations aboutissent.

Les marchés réagissent vivement à cette annonce. Vers 10h40 Alcatel-Lucent gagne 12% sur un marché parisien en baisse de 0,2%, tandis que Nokia chute de 6,3% à la bourse d’Amsterdam. Les investisseurs, tout en ayant longuement spéculé sur ce rapprochement, sont surpris par la volonté de Nokia de racheter Alcatel-Lucent dans son intégralité. Jusqu’ici, seul un rachat des activités de téléphonie mobile du groupe français était évoqué.

« C'est une nouvelle d'importance qui constitue un choc dans le réseau des télécoms », commente Xavier de Villepion, un vendeur d'actions de HPC cité par l’AFP. Cependant ce rapprochement « a du sens », selon lui. Car Alcatel-Lucent dispose d’« un réseau américain avec un centre de recherche de tout premier ordre (…) qui peut susciter des convoitises surtout pour un groupe comme Nokia doté d'une montagne de cash ».

Reste bien sûr pour les deux groupes à s’entendre sur le prix. Même si Alcatel-Lucent est trois fois plus petit en bourse que Nokia, sa capitalisation s’est regonflée ces dernières années pour atteindre 11 milliards d’euros. Le groupe s’est recentré sur ses métiers les plus rentables et vise un cash flow opérationnel positif cette année. Les analystes espèrent une stabilisation du chiffre d’affaires à environ 13 milliards d’euros. Une fusion avec Nokia créerait un nouveau champion européen des réseaux télécoms, avec un chiffre d’affaires cumulé d’environ 26 milliards d’euros. Il devancerait de peu le suédois Ericsson (25 milliards d’euros en 2014) et le chinois Huawei (23,6 milliards) mais resterait loin de l’américain Cisco (44,5 milliards).
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