L'introduction en Bourse du câblo-opérateur, qui a choisi de se coter sur le New York Stock Exchange (NYSE), serait l'une des plus grosses de cette année après celle de Snap, la maison mère de la populaire messagerie mobile Snapchat. Même si le nombre d'actions et la fourchette de prix n'ont pas encore été fixés, Altice USA viserait une levée de fonds d'un milliard de dollars et serait valorisée environ 20 milliards de dollars, selon le Wall Street Journal.

Cette opération permettrait à la maison-mère, Altice, de réduire son endettement et de dégager des marges de manœuvre pour de nouvelles acquisitions aux Etats-Unis. A l'issue de l'opération la holding de Patrick Drahi devrait conserver intacte sa participation de 70% au sein de sa filiale. En revanche les fonds CPPIB et BC Partners devraient céder des titres.

Altice USA, qui réunit les opérateurs Suddenlink et Cablevision rachetés ces dernières années, est devenu l'année dernière le quatrième opérateur américain avec 4,9 millions d'abonné. Présente dans une vingtaine d'Etats, la filiale a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 8,2 milliards d'euros pour un résultat d'exploitation de 3,1 milliards. Selon l'AFP, "le groupe est bien parti pour devenir la vache à lait de l'empire bâti par le magnat Patrick Drahi, dont il représentait un peu plus de 34% des revenus en 2016, juste derrière la France (environ 48%), en raison d'un marché américain du câble aux fortes marges".

Une carte à jouer avec Trump ? 

Le marché du câble est concurrencé depuis quelques années par les services de vidéo à la demande par internet tels que Netflix, Hulu, ou Amazon Video, qui ont contraint les câblo-opérateurs à revoir leurs offres et à baisser leurs prix. Cela ne les a pas empêchés de perdre 1,4 millions d'abonnés entre le deuxième trimestre 2015 et le deuxième trimestre 2016, selon une étude de SNL Kagan. En 2015, le régulateur américain des télécoms, la FCC, avait par ailleurs bloqué la fusion envisagée entre Comcast et TimeWarner, les deux plus gros opérateurs américains, au nom de la concurrence et de la loi sur la "neutralité du net" censée garantir un accès égal au réseau à tous les fournisseurs de contenus.

La nomination par Donald Trump d'un nouveau directeur de la FCC, opposé à la neutralité du net, a relancé les spéculations sur une vague de fusions-acquisitions dans le secteur télécom. D'autant que la FCC a déjà fait savoir qu'elle aura une approche "légère" pour ce qui est de la régulation du secteur. Altice USA pourrait avoir une carte à jouer dans ce contexte. Selon des sources bancaires citées par l'AFP, il lorgnerait les activités câble de l'opérateur télécoms Verizon, ainsi que deux autres câblo-opérateurs, Cox Communications et Mediacom. Il est plus que probable que la filiale américaine suive l'exemple de sa maison mère en menant une politique d'acquisitions, a confirmé l'une de ces sources.